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AUTEURS CLASSIQUES OFFERTS

LISTE DÉTAILLÉE
AVEC EXTRAITS DES TEXTES
(classement par ordre alphabétique)


    
Alphonse ALLAIS, (1854 -1905): écrivain et humoriste français né à Honfleur (Calvados) en 1854 et mort à Paris le 28 octobre 1905. Oeuvres principales : On n'est pas des boeufs (1896), L'affaire Blaireau (1899), Captain Cap (1902),...
     Nous vous offrons:
    
Amours d'escale : REF: ALL01 "Le capitaine Mac Nee, plus généralement connu dans la marine écossaise sous le nom de capitaine Steelcock, était ce qu'on appelle un gaillard. Un charmant gaillard, mais un rude gaillard..."
    
Royal-Cambouis : REF: ALL02 "Il est de bon goût dans l'armée française de blaguer le train des équipages..."
    
L'autographe homicide : REF: ALL03 "J'étais resté absent de Paris pendant quelques mois, fort pris par un voyage d'exploration dans la région nord-ouest de Courbevoie..."
    
Colydor : REF: ALL04 "Son parrain, un maniaque pépinériste de Meaux, avait exigé qu'il s'appelât, comme lui, Polydore. Mais nous, ses amis, considérant à juste titre que ce terme de Polydore était surprêmement ridicule, avions vite affublé le brave garçon du sobriquet de Colydor, beaucoup plus joli, euphonique et suggestif davantage..."
    
Phares : REF: ALL05 "L'Eure est probablement un des rares départements terriens français, et certainement le seul, qui possède un phare maritime..."
    
Faits divers et d'été :REF: ALL06 "Une lettre reçue la semaine dernière de Chalon-sur-Saône n'a pas laissé que de me piquer au vif..."
    
Loufoquerie : REF: ALL07 "Cet homme me contemplait avec une telle insistance que je commençais à en prendre rage. Pour un peu, je lui aurais envoyé une bonne paire de soufflets sur la physionomie, sans préjudice pour un coup de pied dans les gencives..."
    
Postes et télégraphes : REF: ALL08 "Je descendis à la station de Baisemoy-en-Cort, où m'attendait le dog-cart de mon vieil ami Lenfileur..."
    
Pète-sec : REF: ALL09 "- Ton ami Pète-Sec commence à devenir rudement rasant, affirma Trucquard en se jetant tout habillé sur son lit..."
    
Le post-sciptum : REF: ALL10 "Je ne sais pas ce que vous faites quand vous accompagnez un ami à la gare, après que le train est parti. Je n'en sais rien et ne tiens nullement à le savoir..."
    
Le langage des fleurs : REF: ALL11 "Je conçois, à la rigueur, qu'un touriste ayant passé un siècle ou deux loin d'un pays ne soit pas autrement surpris de trouver, à son retour, des décombres et des ruines où il avait jadis contemplé de somptueux palais ; mais tel n'était pas mon cas..."


     Charles ASSELINEAU, (1820 - 1874):écrivain et bibliophile français né à Paris le 13 mars 1820 décédé à Chatelguyon le 25 juillet 1874.
Oeuvres principales : La double vie (1858), L'enfer du bibliophile (1860), Mélanges tirés d'une petite bibliothèque romantique (1866).

     Nous vous offrons:
    
La jambe (1858) : REF: ASS01 "Elle marchait devant moi, simplement, mais avec une grâce assez noble. Je m'écriai :- Oh ! la jolie jambe !.."
    
L'enfer du bibliophile (1860) : REF: ASS02 "... Oui... l'Enfer ! N'est-ce pas toujours là qu'il faut en venir, tôt ou tard, dans cette vie ou dans l'autre, ô vous tous qui avez placé vos joies dans des voluptés inconnues au vulgaire ? L'amoureux a l'indifférence ; le joueur, la pauvreté ; l'ambitieux, l'impuissance ; l'artiste, l'obscurité et l'envie ; le paresseux, la famine ; l'avare, la ruine, et le gourmand, l'indigestion. Mais pourrait-il y avoir un enfer pour une innocente manie, qui se repaît d'elle-même et qui tourne à l'honneur des lettres et de la patrie, en faisant subsister quatre ou cinq industries ? Je ne l'aurais pas cru. Il y en a un pourtant. Je le sais aujourd'hui, car j'en reviens..."
    
André Boulle, ébéniste de Louis XIV (1872) : REF: ASS03 "Les grands artisans sont de tous les grands hommes ceux dont la vie est le moins connue. Leur humble naissance, les lenteurs de l'apprentissage, l'obscurité du milieu où ils se meuvent les dérobent aux recherches de l'historien, et à moins qu'ils n'aient laissé des mémoires comme Palissy, ou qu'ils ne deviennent académiciens comme Bréguet, ils courent grand risque de passer pour fabuleux..."

     Théodore de BANVILLE, (1823-1891) : né à Moulins le 14 mars 1823 - mort à Paris le 14 mars 1891.Il consacra toute sa vie à la poésie et au théâtre, et Mallarmé déclara qu'il n'était pas "un homme mais la voix même de la lyre".
Oeuvres principales : Les Cariatides (1842), Les Stalactites (1846), Les Odelettes (1856), Odes funambulesques (1857), Les éxilés (1867), Petit traité de versification française (1872), Mes souvenirs (1882), Gringoire (1866).

     Nous vous offrons:
    
Le Chat (1882). REF: BAN01
     La Barbe bleue, conte.
REF: BAN01

 

     Jules BARBEY D'AUREVILLY, (1808 - 1889): écrivain français né à Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche) le 2 novembre 1808, décédé à Paris le 23 avril 1889. Oeuvres principales : Le Chevalier Des Touches (1864), Un prêtre marié (1865), Les Diaboliques (1874),...
    
Nous vous offrons:
     Fragment à mettre en tête du Joseph Delorme que je dois donner à ... (1833)
: REF: BAR01
"DANS une petite ville de province, par une après-midi de décembre, deux jeunes filles venaient de s'habiller pour le bal. C'étaient deux amies de pension, - deux contrastes ou deux harmonies : l'une avec de grands yeux noirs comme la mort et farouches comme la peur, des dents bleuâtres, un teint de bistre et des cheveux bruns blondissant en atomes d'un or pâle à la pointe, - éternel adieu du soleil de son enfance resté écrit sur ces boucles légères où la vie, déjà plus avancée, avait versé ses obscurités, - petite, flexible, gracieuse, qu'un tissu aérien et rose enveloppait : on aurait dit une guêpe dont les ailes de velours noir seraient sorties d'une feuille de rose du Bengale..."
     Le plus bel amour de Don Juan, (1874) :
REF: BAR02
"Il vit donc toujours, ce vieux mauvais sujet ? - Par Dieu ! s'il vit ! - et par l'ordre de Dieu, madame, - fis-je en me reprenant, car je me souvins qu'elle était dévote, - et de la paroissse Sainte-Clotilde encore, la paroisse des ducs ! - Le roi est mort ! Vive le roi ! disait-on sous l'ancienne monarchie avant qu'elle fût cassée, cette vieille porcelaine de Sèvres. Don Juan, lui, malgré toutes les démocraties, est un monarque qu'on ne cassera pas..."
     Le cachet d'onyx, (1830) :
REF: BAR03
"Le matin du jour où elle devait mettre sa parure le soir, elle l'essayait devant sa psyché. Les rubis flambaient sur sa tête, à son cou, à ses bras et contrastaient avec la nuance plus mate de sa robe cramoisie..."
     Léa (1832) : REF: BAR04 "Une voiture roulait sur la route de Neuilly. Deux jeunes hommes, en habit de voyage, en occupaient le fond, et semblaient s'abandonner au nonchaloir, d'une de ces conversations molles et mille fois brisées, imprégnées du charme de l'habitude et de l'intimité..."
     Une page d'histoire (1887) :
REF: BAR05
"De toutes les impressions que je vais chercher, tous les ans, dans ma terre natale de Normandie, je n'en ai trouvé qu'une seule, cette année, qui, par sa profondeur, pût s'ajouter à des souvenirs personnels dont j'aurai dit la force - peut-être insensée - quand j'aurai écrit qu'ils ont réellement force de spectres..."

 

     Charles BAUDELAIRE, (1821-1867): écrivain et poète français né à Paris le 9 avril 1821, décédé en cette même ville le 31 août 1867.Oeuvres principales : Les Fleurs du mal (1857), Curiosités esthétiques (1868), l'Art romantique (1869).
     Nous vous offrons:
    
Morale du joujou (1853) : REF: BAU01 "Il y a bien des années, - combien ? je n'en sais rien ; cela remonte aux temps nébuleux de la première enfance, - je fus emmené par ma mère, en visite chez une dame Panckoucke. Était-ce la mère, la femme, la belle-soeur du Panckoucke actuel ? Je l'ignore. Je me souviens que c'était dans un hôtel très calme, un de ces hôtels où l'herbe verdit les coins de la cour, dans une rue silencieuse, la rue des Poitevins. Cette maison passait pour très hospitalière, et à de certains jours elle devenait lumineuse et bruyante..."
    
Comment on paie ses dettes quand on a du génie (1845): REF: BAU02 "L'anecdote suivante m'a été contée avec prières de n'en parler à personne : c'est pour cela que je veux la raconter à tout le monde.... Il était triste, à en juger par ses sourcils froncés, sa large bouche moins distendue et moins lippue qu'à l'ordinaire, et la manière entrecoupée de brusques pauses dont il arpentait le double passage de l'Opéra. Il était triste..."
    
Madame Bovary par Gustave Flaubert (1857) : REF: BAU03 "En matière de critique, la situation de l'écrivain qui vient après tout le monde, de l'écrivain retardataire, comporte des avantages que n'avait pas l'écrivain prophète, celui qui annonce le succès, qui le commande, pour ainsi dire, avec l'autorité de l'audace et du dévouement..."
    
Conseils aux jeunes littérateurs (1846) : REF: BAU04 "Les préceptes qu'on va lire sont le fruit de l'expérience ; l'expérience implique une certaine somme de bévues ; chacun les ayant commises, - toutes ou peu s'en faut, - j'espère que mon expérience sera vérifiée par celle de chacun..."
    
Les Drames et les romans honnêtes (1857) : REF: BAU05 "Depuis quelque temps, une grande fureur d'honnêteté s'est emparée du théâtre et aussi du roman. Les débordements puérils de l'école dite romantique ont soulevé une réaction que l'on peut accuser d'une coupable maladresse, malgré les pures intentions dont elle paraît animée. Certes, c'est une grande chose que la vertu, et aucun écrivain, jusqu'à présent, à moins d'être fou, ne s'est avisé de soutenir que les créations de l'art devaient contrecarrer les grandes lois morales. La question est donc de savoir si les écrivains dits vertueux s'y prennent bien pour faire aimer et respecter la vertu, si la vertu est satisfaite de la manière dont elle est servie..."
    
L'Ecole païenne (1853): REF: BAU06 "Il s'est passé dans l'année qui vient de s'écouler un fait considérable. Je ne dis pas qu'il soit le plus important, mais il est l'un des plus importants, ou plutôt l'un des plus symptomatiques. Dans un banquet commémoratif de la révolution de Février, un toast a été porté au dieu Pan, oui, au dieu Pan, par un de ces jeunes gens qu'on peut qualifier d'instruits et d'intelligents..."
    
Choix de maximes consolantes sur l'amour (1846) : REF: BAU07 "Quiconque écrit des maximes aime charger son caractère ; - les jeunes se griment, - les vieux s'adonisent. Le monde, ce vaste système de contradiction, - ayant toute caducité en grande estime, - vite, charbonnons-nous des rides ; - le sentiment étant généralement bien porté, enrubannons notre coeur comme un frontispice..."

 

     Alphonse DAUDET, (1840 - 1897): écrivain français né à Nîmes le 13 mai 1840 et décédé à Paris le 15 décembre 1897. Oeuvres principales : Les lettres de mon moulin (1866), Le petit chose (1868), Les contes du lundi (1873), Numa Roumestan (1881),....
   
Nous vous offrons:
    
Le singe : REF: DAU01 "Samedi, soir de paye. Dans cette fin de journée, qui est en même temps une fin de semaine, on sent déjà le dimanche arriver. Tout le long du faubourg, ce sont des cris, des appels, des poussées à la porte des cabarets. Parmi cette foule d'ouvriers qui déborde du trottoir et suit la grande chaussée en pente, une petite ombre se hâte furtivement..."
     Le père Achille : REF: DAU02 "Midi sonne aux cloches des fabriques ; les grandes cours silencieuses s'emplissent de bruit et de mouvement. La mère Achille quitte son ouvrage, la fenêtre où elle était assise, et se dispose à mettre son couvert. L'homme va monter pour déjeuner. Il travaille là tout près dans ces grands ateliers vitrés qu'on aperçoit encombrés de pièces de bois, et où grincent du matin au soir les instruments des scieurs de long... "
    
Le Cabecilla : REF: DAU03 "Le bon père achevait de dire sa messe, quand on lui amena les prisonniers. C'était dans un coin sauvage des monts Arichulégui. Une roche éboulée, où un figuier géant enfonçait sa tige tordue, formait une sorte d'autel recouvert - en guise de nappe - d'un étendard carliste aux franges d'argent. Deux alcarazas ébréchés tenaient lieu de burettes..."
     Wood'stown : REF: DAU04 "L'emplacement était superbe pour bâtir une ville. Il n'y avait qu'à déblayer les bords du fleuve, en abattant une partie de la forêt, de l'immense forêt vierge enracinée là depuis la naissance du monde. Alors abritée tout autour par des collines boisées, la ville descendrait jusqu'aux quais d'un port magnifique, établi dans l'embouchure de la Rivière-Rouge, à quatre milles seulement de la mer..."
     Salvette et Bernadou : REF: DAU05 "C'est la veille de Noël, dans une grosse ville de Bavière. Par les rues blanches de neige, dans la confusion du brouillard, le bruit des voitures et des cloches, la foule se presse, joyeuse, aux rôtisseries en plein vent, aux baraques, aux étalages. Frôlant avec un bruissement léger les boutiques enrubannées et fleuries, des branches de houx vert, des sapins entiers chargés de pendeloques passent portés à bras, dominant toutes les têtes, comme une ombre des forêts de Thuringe, un souvenir de nature dans la vie factice de l'hiver. Le jour tombe..."
     Le bon dieu de Chemillé... : REF: DAU06 "Le curé de Chemillé s'en allait porter le Bon Dieu à un malade. Vraiment, c'était pitié de songer que quelqu'un pouvait mourir par un si beau jour d'été, en plein Angelus de midi, le moment de la vie et de la lumière..."

 

    DIDEROT, Denis (1713-1784) : né à Langres en 1713, mort à Paris le 30  juillet 1784.
Il se lie avec Jean-Jacques Rousseau et Grimm, épouse une lingère contre l’avis de son père. En 1747, il est nommé codirecteur, avec d’Alembert, de la publication de l’Encyclopédie, dont les travaux vont absorber pendant près de vingt ans une grande partie de son activité.
Esprit universel, Diderot croit en la « Science de toutes les sciences », la philosophie, qui, en synthétisant toutes les connaissances, peut mener au progrès de l’humanité.
À travers l’Encyclopédie, il condamne l’absolutisme, la monarchie de droit divin, dénonce les privilèges, les atteintes à la liberté du travail et la guerre.
Oeuvres principales: La Religieuse (1760), Le Neveu de Rameau (1762), Jacques le Fataliste (1771)

     Nous vous offrons:
    
Les deux amis de Bourbonne (1770), REF: DID01
     Regrets sur ma vieille robe de chambre ou avis à ceux qui ont plus de goût que de fortune (1772).
REF: DID02



    
DUMAS, Alexandre (1802-1870) : né à Villers-Cotterêts en 1802, mort en 1870, chez son fils, Alexandre Dumas fils.
La mort prématurée de son père le prive de la possibilité de faire des études supérieures. Obligé de travailler dès son plus jeune âge - il débute comme clerc de notaire - Alexandre Dumas tente sa chance à Paris en 1822 .
Oeuvres principales: Henri III et sa cour (1829), Antony (1831), La Tour de Nesle (1832), le Mari de la veuve (1832), Kean ou Désordre et Génie (1836), Caligula (1837), Les Trois mousquetaires (1844), Vingt ans après (1845), le Vicomte de Bragelonne (1848), le cycle de la Reine Margot (1847), et le célèbre Comte de Monte-Cristo (1845).

     Nous vous offrons:
    
Origine du pommier (1868), REF: DUM01
     Le Cocher de cabriolet (1831).
REF: DUM02

 

     Isabelle EBERHARDT, (1877-1904): femme de lettres et voyageuse née à Genève le 17 février 1877 décédée à Aïn Sefra (Algérie) le 21 octobre 1904.
Oeuvres principales : Nouvelles algériennes (1905), Dans l'ombre chaude de l'islam (1906), Les journaliers (1922).

     Nous vous offrons:
     Yasmina (1902) : REF: EBE01 "Elle avait été élevée dans un site funèbre où, au sein de la désolation environnante, flottait l'âme mystérieuse des millénaires abolis. Son enfance s'était écoulée là, dans les ruines grises, parmi les décombres et la poussière d'un passé dont elle ignorait tout. De la grandeur morne de ces lieux, elle avait pris comme une surcharge de fatalisme et de rêve. Étrange, mélancolique, entre toutes les filles de sa race : telle était Yasmina la Bédouine..."
     Pleurs d'amandiers (1903) : REF: EBE02 "Bou-Saada, la reine fauve vêtue de ses jardins obscurs et gardée par ses collines violettes, dort, voluptueuse, au bord escarpé de l'oued où l'eau bruisse sur les cailloux blancs et roses. Penchés comme en une nonchalance de rêve sur les petits murs terreux, les amandiers pleurent leurs larmes blanches sous la caresse du vent... Leur parfum doux plane dans la tiédeur molle de l'air, évoquant une mélancolie charmante..."
     Le Major (1903) : REF: EBE03 "Tout, dans cette Algérie, avait été une révélation pour lui... une cause de trouble - presque d'angoisse. Le ciel trop doux, le soleil trop resplendissant, l'air où traînait comme un souffle de langueur, qui invitait à l'indolence et à la volupté très lente, la gravité du peuple vêtu de blanc, dont il ne pouvait pénétrer l'âme, la végétation d'un vert puissant, contrastant avec le sol pierreux, gris ou rougeâtre, d'une morne sécheresse, d'une apparente aridité... et puis quelque chose d'indéfinissable, mais de troublant et d'enivrant, qui émanait il ne savait d'où, tout cela l'avait bouleversé, avait fait jaillir en lui des sources d'émotion dont il n'eût jamais soupçonné l'existence..."
     La Rivale (1904) : REF: EBE04 "Un matin, les pluies lugubres cessèrent et le soleil se leva dans un ciel pur, lavé des vapeurs ternes de l'hiver, d'un bleu profond..."

 

     Gustave Flaubert, (1821-1880): écrivain français né à Rouen (Seine-Maritime) le 12 décembre 1821, décédé à Croisset (Seine-Maritime) le 8 mai 1880.
Oeuvres principales : Madame Bovary (1857), Salammbô (1862), L'Education sentimentale (1869),...

     Nous vous offrons:
     Mardi soir, minuit. 4 Août 1846. : REF: FLA01 "Il y a douze heures, nous étions encore ensemble ; hier à cette heure-ci, je te tenais dans mes bras... t'en souviens-tu ? Comme c'est déjà loin !..."
      Jeudi soir, 11 heures. 6 Août 1846. : REF: FLA08 "Ta lettre de ce matin est triste, et d'une douleur résignée. Tu m'offres de m'oublier si cela me plaît..."
     Samedi 8 Août 1846. : REF: FLA02 "Je suis brisé, étourdi, comme après une longue orgie ; je m'ennuie à mourir. J'ai un vide inouï dans le coeur..."
     Nuit de samedi au dimanche, minuit. 8-9 AOût 1846. : REF: FLA03 "Le ciel est pur ; la lune brille. J'entends des marins chanter qui lèvent l'ancre pour partir avec le flot qui va venir. Pas de nuages, pas de vent..."
     Dimanche matin 10 heures. 9 Août 1846. : REF: FLA04 "Enfant, ta folie t'emporte. Calme-toi ; tu t'irrites contre toi-même, contre la vie..."
     Mardi dans l'après-midi. 11 Août 1846. : REF: FLA05 "Tu donnerais de l'amour à un mort. Comment veux-tu que je ne t'aime pas ? Tu as un pouvoir d'attraction à faire dresser les pierres à ta voix..."
     Mercredi soir. 12 Août 1846. : REF: FLA06 "Tu auras été toute la journée d'aujourd'hui sans lettre de moi. Tu auras encore douté, pauvre amour. Pardonne-moi. La faute n'en est pas à ma volonté, mais à ma mémoire..."
     Nuit de vendredi, 1 heure. 14 Août 1846. : REF: FLA07 "Qu'ils sont beaux, les vers que tu m'envoies ! Leur rythme est doux comme les caresses de ta voix quand tu mêles mon nom dans ton gazouillage tendre..."

 

     Rémy de Gourmont, (1858-1915): écrivain français né à Bazoches-au-Houlme (Orne) le 4 avril 1858, décédé à Paris le 17 septembre 1915.
Oeuvres principales : Sixtine (1890), l'Esthétique de la langue française (1899), la Physique de l'amour (1903),... co-fondateur du Mercure de France (1890).

     Nous vous offrons:    
     Fin de promenade : REF: GOU01 "Araman n'était pas un promeneur ordinaire, de ceux qui flânent, s'arrêtent à un étalage, s'intéressent à un accident, se retournent pour suivre d'un oeil vainement concupiscent la passante rapide qui file dans la foule comme une truite dans l'ombre des eaux vives..."
     Le marbre et la chair : REF: GOU02 "Un atelier de sculpture affirme la supériorité de l'art sur la vie, combien la chair est triste près de la joie lumineuse du marbre, modeste près de la gloire des bronzes..."
     Grèbe et grèbe : REF: GOU03 "Cela se passait sur la plage :..."
     Le devoir... : REF: GOU04 "M. Rame fut tout surpris d'avoir une maîtresse. Satisfait de sa femme, il n'avait jamais sérieusement désiré aucun autre épiderme,..."

 

     Joris-Karl HUYSMANS, (1848-1907) : né et mort à Paris.
Il entra, le 1er avril 1866, à la direction de la Sûreté générale du ministère de l'Intérieur, où il resta jusqu'en 1898. Il se consacra parallèlement, à la littérature. Oeuvres principales: A rebours (1884) En rade (1887), Là-bas (1891), En route (1895), La Cathédrale (1898), L'Oblat (1903)
.
     Nous vous offrons:
    
La Bièvre (1914). REF: HUY01


     Jean LORRAIN (1855-1906): écrivain français né à Fécamp (Seine maritime) le 9 août 1855, mort à Paris le 30 juin 1906.
Oeuvres principales : Sensations et souvenirs (1895), Monsieur de Bougrelon (1897), Histoires de masques (1900), Monsieur de Phocas (1901), La Maison Philibert (1904).

     Nous vous offrons:
     Princesse d'Italie (1898) : REF: LOR01 "Bartholomeo Giovanni Salviati, marquis de Spolète et duc de Vintimille, de la vieille famille des Salviati, qui fournit des doges à Venise et des gouverneurs à Florence, était déjà vieux de cinquante années et veuf depuis quinze ans de Maria-Lucrezia Belleverani, les Belleverani de Naples, alliés aux familles ducales de Modène et de Parme, et même à la maison de Médicis, quand il épousait en secondes noces, lui, déjà ridé et chenu, Simonetta Foscari, belle jeune fille de vingt ans à peine, dans toute la fleur d'une éblouissante puberté..."
     Histoire de la bonne Gudule (Histoires de masques, 1900) : REF: LOR02 "Mme de Lautréamont habitait la plus belle maison de la ville : c'était l'ancien hôtel de la Recette générale, bâti sous Louis XV (excusez du peu !) et dont les hautes fenêtres, ornementées d'attributs et de coquilles, faisaient l'admiration de quiconque passait sur la grande place les jours de marché..."
     Le Crapaud (1895) : REF: LOR03 "Ç'a été une des plus affreuses impressions de mon enfance et c'en est resté peut-être le plus tenace souvenir ; vingt-cinq ans ont passé sur cette petite mésaventure d'écolier en vacances, et je ne puis encore en évoquer la minute sans sentir mon coeur chavirer sous mes côtes et me remonter jusqu'à la hauteur des lèvres dans une indicible nausée de frayeur et de dégoût..."
     Un crime inconnu (Histoires de masques, 1900) : REF: LOR04 "Ce qui peut se passer dans une chambre d'hôtel meublé une nuit de mardi gras, non, cela dépasse tout ce que l'imagination peut inventer d'horrible !..."
     Récit de l'étudiant (Histoires de masques, 1900) : REF: LOR05 "Dans l'hôtel garni que j'habitais alors rue du Faubourg-Saint-Honoré, j'avais fini par remarquer une cliente aux allures assez louches..."
      Madame Gorgibus (Histoires de masques, 1900) : REF: LOR06 "Parmi les contes que Nanon montait nous débiter pour bercer notre fièvre, il s'en trouvait parfois d'assez extraordinaires et plutôt faits pour surexciter un esprit malade que pour apaiser un enfant nerveux ; mais Nanon n'y entendait pas malice ; elle racontait son histoire telle qu'elle la savait, tout à trac, au hasard de son répertoire, et on eût bien contristé la pauvre fille si on lui avait dit qu'elle avait augmenté la fièvre de l'un de nous..."
     L'un d'eux (Histoires de masques, 1900) : REF: LOR07 "Le mystère attirant et répulsif du masque, qui pourra jamais en donner la technique, en expliquer les motifs et démontrer logiquement l'impérieux besoin auquel cèdent, à des jours déterminés, certains êtres, de se grimer, de se déguiser, de changer leur identité, de cesser d'être ce qu'ils sont ; en un mot, de s'évader d'eux-mêmes ?..."
     La Princesse aux lys rouges (l'Echo de Paris, 11.06.1894) : REF: LOR08 "C'était une austère et froide enfant de rois : seize ans à peine, des yeux gris d'aigle sous de hautains sourcils, et si blanche qu'on eût dit ses mains de cire et ses tempes de perles..."
     La Princesse Neigefleur (l'Echo de Paris, 09.01.1894) : REF: LOR09 "Quand la reine Imogine sut que la princesse Neigefleur n'était pas morte, que le lacet de soie qu'elle lui avait serré elle-même autour du cou ne l'avait qu'à demi étranglée et que les gnômes de la forêt avaient recueilli ce doux corps léthargique dans un cercueil de verre, pis, qu'ils le gardaient invisible dans une grotte magique, elle entra dans une grande colère : elle se dressa toute droite dans la stalle de cèdre où elle songeait, assise dans la plus haute chambre de sa tour, déchira dans toute sa longueur sa lourde dalmatique de brocart jaune enrichie de lys et de feuillages de perles, brisa contre terre le miroir d'acier qui venait de lui apprendre l'odieuse nouvelle et, saisissant de male rage par la patte de derrière le crapaud enchanté qui lui servait pour ses maléfices, elle le lança à toute volée dans la flamme de l'âtre où il fit frisst, grisst et prisst et s'évapora comme feuille sèche..."

 

     Guy de MAUPASSANT, (1850-1893): écrivain français né au château de Miromesnil, près de Tourville-sur-Arques (Seine maritime) le 5 août 1850, mort à Paris le 6 juillet 1893.
Oeuvres principales : Contes de la Bécasse (1883), Toine (1885), Bel-Ami (1885), La Petite Roque (1886), Le Horla (1887), Pierre et Jean (1888),...

     Nous vous offrons:
     Aux champs (1882) : REF: MAU01 "Les deux chaumières étaient côte à côte, au pied d'une colline, proches d'une petite ville de bains..."
     La bécasse (1882) : REF: MAU02 "Le vieux baron des Ravots avait été pendant quarante ans le roi des chasseurs de sa province. Mais, depuis cinq à six années, une paralysie des jambes le clouait à son fauteuil ; il ne pouvait plus que tirer des pigeons de la fenêtre de son salon ou du haut de son grand perron..."[Conte d'ouverture du volume : Les Contes de la bécasse]
     En mer (1883) : REF: MAU03 "Un affreux malheur vient de jeter la consternation parmi notre population maritime déjà si éprouvée depuis deux années..."
     Les épingles (1888) : REF: MAU04 " - Ah ! mon cher, quelles rosses, les femmes !.."
     Farce normande (1882) : REF: MAU05 "La procession se déroulait dans le chemin creux ombragé par les grands arbres poussés sur les talus des fermes..."
     La folle (1882) : REF: MAU06 "Tenez, dit M. Mathieu d'Endolin, les bécasses me rappellent une bien sinistre anecdote de la guerre..."
     La peur (1882) : REF: MAU07 "On remonta sur le pont après dîner..."
     Le lit (1882) : REF: MAU08 "Par un torride après-midi du dernier été, le vaste hôtel des Ventes semblait endormi, et les commissaires-priseurs adjugeaient d'une voix mourante..."
     Les sabots (1883) : REF: MAU09 "Le vieux curé bredouillait les derniers mots de son sermon au-dessus des bonnets blancs des paysannes et des cheveux rudes ou pommadés des paysans..."
     Menuet (1882) : REF: MAU10 "Les grands malheurs ne m'attristent guère, dit Jean Bridelle, un vieux garçon qui passait pour sceptique. j'ai vu la guerre de bien près : j'enjambais les corps sans apitoiement..."
     Ce cochon de Morin (1882) : REF: MAU11 "- Ca, mon ami, dis-je à Labarbe, tu viens encore de prononcer ces quatre mots, "ce cochon de Morin"...
     Un normand (1882) : REF: MAU12 "Nous venions de sortir de Rouen et nous suivions au grand trot la route de Jumièges..."
     Pierrot (1882) : REF: MAU13 "Mme Lefèvre était une dame de campagne, une veuve, une de ces demi-paysannes à rubans et à chapeaux à falbalas, de ces personnes qui parlent avec des cuirs, prennent en public des airs grandioses, et cachent une âme de brute prétentieuse sous des dehors comiques et chamarrés, comme elles dissimulent leurs grosses mains rouges sous des gants de soie écrue..."
     La rempailleuse (1882) : REF: MAU14 "C'était la fin du dîner d'ouverture de chasse chez le marquis de Bertrans..."
     Le testament (1882) : REF: MAU15 "Je connaissais ce grand garçon qui s'appelait René de Bourneval..."
     La veillée (1882) : REF: MAU16 "Elle était morte sans agonie, tranquillement, comme une femme dont la vie fut irréprochable ; et elle reposait maintenant dans son lit, sur le dos, les yeux fermés, les traits calmes, ses longs cheveux blancs soigneusement arrangés comme si elle eût fait sa toilette encore dix minutes avant la mort, toute sa physionomie pâle de trépassée si recueillie, si reposée, si résignée qu'on sentait bien quelle âme douce avait habitée ce corps, quelle existence sans trouble avait menée cette aïeule sereine, quelle fin sans secousses et sans remords avait eue cette sage..."

     Octave MIRBEAU, (1848-1917):  journaliste, critique d'art, romancier et dramaturge français né à Trévières (Calvados), le 16 février 1848, décédé à Paris le 16 février 1917.
Oeuvres principales : l'Abbé Jules (1888), Sébastien Roch (1890), le Jardin des supplices (1899), le Journal d'une femme de chambre (1900), les Affaires sont les affaires (1903).

     Nous vous offrons:
     Le Concombre fugitif : REF: MIR01 "Je vous dirai que j'aime les fleurs d'une passion presque monomaniaque. Les fleurs me sont des amies "silencieuses et violentes", et fidèles. Et toute joie me vient d'elles. Mais je n'aime pas les fleurs bêtes car, si blasphématoire que cela paraisse,..."
     Explosif et baladeur : REF: MIR02"Le concombre fugitif a fait du chemin - c'est bien le cas de le dire, avec et sans image - depuis le jour où je l'aperçus qui "se trottait" dans les jardins du père Hortus. Il a disparu et n'a plus donné de ses nouvelles. Voici la lettre que le vieux jardinier de Granville m'écrit à ce sujet. Elle est navrante, botaniquement parlant :..."
     Mon jardinier : REF: MIR03"Mon jardinier, le bon Clément, met des tuteurs aux glaïeuls. Cette année, les glaïeuls font triste mine ; le pied est tout jaune, les grandes feuilles, à forme de glaive, retombent, sans force, çà et là marbrées de rouille, et les hampes sortent, tortillées et veules, montrant les spathes roussies par les coups de soleil..."
     Le mur : REF: MIR04"Le père Rivoli a un mur. Ce mur longe une route. Et il est fort délabré. Les pluies et la pioche du cantonnier en ont miné la base ; les pierres, déchaussées, ne tiennent plus guère, et des brèches s'ouvrent. Il est pourtant joli,..."
     La vache tachetée : REF: MIR05"Depuis un an que le malheureux Jacques Errant avait été jeté dans un cachot noir comme une cave, il n'avait vu âme qui vive, hormis des rats et son gardien, qui ne lui parlait jamais..."
     Un point de vue : REF: MIR06"... Et voici comment il parla : - Monsieur le Juge, vous voyez en moi l'homme le plus stupéfait du monde. Vrai, je vous le jure, jamais je n'aurais imaginé qu'une telle chose fût possible ! Après ces quinze jours de détention, de menottes aux mains, d'interrogatoires incompréhensibles, de courses vertigineuses, entre deux gardes, de la prison au Palais et du Palais à la prison... oui, malgré cette réalité horrible, j'en suis encore à me demander si je ne rêve pas !..."
     Pantomime départementale : REF: MIR07"C'est dans un journal de l'Eure, qui me fut communiqué par mon ami monsieur Alphonse Allais, avec toutes les garanties légales de la plus incontestable authenticité, que je trouve les détails de la sombre et funambulesque histoire qu'on lira plus loin..."

 

     MISTRAL, Frédéric (1830-1914) : Né et mort à Maillane (8 sept. 1830- 25 mars 1914).
Mistral , déviant de voies tracées à l’avance refuse à la fois le statut de propriétaire terrien et les métiers du droit , s’engage dans la littérature. Il choisit d'écrire en provençal.Oeuvres principales:  Mirèio œuvre épique ( 12 chants , 7000 vers), Calendau (1866) et Lou Pouèmo dóu Rose (1897), Lis Isclo d’Or (1876), Nerto (1884), Lis Oulivado (1912), Memòri e raconte ( œuvre biographique parue en 1906), la Rèino Jano (théâtre) (1890) .

     Nous vous offrons:
    
Les Secrets des Bestes (1896). REF: MIS01

     Jean MOREAS, (1856-1910): (Yanni Papadiamantopoulos) poète grec d'expression française né à Athènes le 15 avril 1856 et décédé à Saint-Mandé le 30 avril 1910.
Oeuvres principales : Les Syrtes (1884), Les Cantilènes (1886), Stances (1891-1893), Contes de la vieille France (1904),....

     Nous vous ofrons:
 
    Le pas d'armes périlleux : REF: MOR01 "Le jeune Léonatus était un prince courtois et merveilleusement beau. Son père, le roi, avait épousé en secondes noces une veuve, dame de grande noblesse, laquelle avait de son premier mari, roi également, une fille qui chaque jour devenait plus gracieuse et plus sage. Le roi chérissait sa belle fille, et la reine faisait de même du fils de son mari. Quant à Léonatus et à Emeraude, c'était le nom de la jouvencelle, ils vivaient volontiers ensemble ; et étant encore dans l'enfance, ils passaient les heures à se promener dans le verger, à jouer à cache-cache et à poursuivre les papillons. Souvent ils se prenaient par les mains et ils se baisaient en riant sur les deux joues..."
     Le couronnement de Louis : REF: MOR02 "Ce jour-là, dans la chapelle d'Aix, il y avait bien dix-huit archevêques et autant d'évêques, et le Pape en personne chanta la Messe. Dans la chapelle d'Aix, il y avait bien vingt-six abbés et quatre rois légitimes, ce-jour-là que l'empereur Charles voulut céder la couronne à son fils Louis. Un archevêque monte en chaire. - Barons, fait-il, écoutez-moi : Charles-le-Grand a usé son temps ; la couronne lui pèse. Il a un fils à qui il la veut donner..."
     Guillaume au faucon : REF: MOR03 "Il y avait jadis un damoiseau aimable et gracieux, qui avait nom Guillaume, et l'on eût pu chercher dans vingt pays avant de trouver son pareil. Il n'était encore que simple écuyer et servait un châtelain depuis sept ans entiers, dans l'espoir d'être armé par lui chevalier. Toutefois, il ne s'impatientait point, se trouvant bien de vivre où il vivait : je vous en dirai la raison. Amour avait mis son coeur sens dessus dessous, et il aimait la femme du châtelain de façon à ne pouvoir s'en arracher. Mais elle ne se doutait de rien ; autrement, elle se serait bien gardée que le damoiseau n'eût occasion de lui parler en tête à tête..."

 

     RENARD Jules (1864-1910) : né le 22 février 1864 à Châlons-du-Maine (Mayenne),  mort le 22 mai 1910 à Paris.Oeuvres principales:  "Poil de Carotte",  "Le vigneron dans sa vigne", "Histoires naturelles",  "Bucoliques", "Journal". Renard puisera très souvent son inspiration dans la campagne nivernaise et parmi ses "frères farouches".
     Nous vous offrons:
    
La demande, (1890). REF: REN01

 

     George SAND, (1804-1876) : (Armandine Lucie Aurore Dupin, baronne Dudevant) femme de lettres française née à Paris le 1er juillet 1804 et décédée à Nohant le 8 juin 1876.
Oeuvres principales : La Mare au diable (1846), François le Champi (1847-1848), La Petite Fadette (1849), Les Maîtres sonneurs (1853),....

     Nous vous offrons:
     Le Chêne parlant : REF: SAN01 "Il y avait autrefois en la forêt de Cernas un gros vieux chêne qui pouvait bien avoir cinq cents ans. La foudre l'avait frappé plusieurs fois, et il avait dû se faire une tête nouvelle, un peu écrasée, mais épaisse et verdoyante. Longtemps ce chêne avait eu une mauvaise réputation. "
     Le Chien et la fleur sacrée : REF: SAN02 "Nous avions jadis pour voisin de campagne un homme dont le nom prêtait souvent à rire : il s'appelait M. Lechien. Il en plaisantait le premier et ne paraissait nullement contrarié quand les enfants l'appelaient Médor ou Azor. C'était un homme très bon, très doux, un peu froid de manières, mais très estimé pour la droiture et l'aménité de son caractère. Rien en lui, hormis son nom, ne paraissait bizarre : aussi nous étonna-t-il beaucoup, un jour où son chien avait fait une sottise au milieu du dîner. Au lieu de le gronder ou de le battre, il lui adressa, d'un ton froid et en le regardant fixement, cette étrange mercuriale :..."
     L'Orgue du titan : REF: SAN03 "Un soir, l'improvisation musicale du vieux et illustre maître Angelin nous passionnait comme de coutume, lorsqu'une corde de piano vint à se briser avec une vibration insignifiante pour nous, mais qui produisit sur les nerfs surexcités de l'artiste l'effet du coup de foudre. Il recula brusquement sa chaise, frotta ses mains, comme si, chose impossible, la corde les eût cinglées, et laissa échapper ces étranges paroles :..."
     Ce que disent les fleurs : REF: SAN04 "Quand j'étais enfant, ma chère Aurore, j'étais très tourmentée de ne pouvoir saisir ce que les fleurs se disaient entre elles. Mon professeur de botanique m'assurait qu'elles ne disaient rien ; soit qu'il fût sourd, soit qu'il ne voulût pas me dire la vérité, il jurait qu'elles ne disaient rien du tout. Je savais bien le contraire. Je les entendais babiller confusément, surtout à la rosée du soir ; mais elles parlaient trop bas pour que je pusse distinguer leurs paroles ; et puis elles étaient méfiantes, et, quand je passais près des plates-bandes du jardin ou sur le sentier du pré, elles s'avertissaient par une espèce de psitt, qui courait de l'une à l'autre... "
     Le Marteau rouge : REF: SAN05 "J'ai trahi pour vous, mes enfants, le secret du vent et des roses. Je vais vous raconter maintenant l'histoire d'un caillou. Mais je vous tromperais si je vous disais que les cailloux parlent comme les fleurs. S'ils disent quelque chose, lorsqu'on les frappe, nous ne pouvons l'entendre que comme un bruit sans paroles. Tout dans la nature a une voix, mais nous ne pouvons attribuer la parole qu'aux êtres. Une fleur est un être pourvu d'organes et qui participe largement à la vie universelle. Les pierres ne vivent pas, elles ne sont que les ossements d'un grand corps, qui est la planète, et, ce grand corps, on peut le considérer comme un être ; mais les fragments de son ossature ne sont pas plus des êtres par eux-mêmes qu'une phalange de nos doigts ou une portion de notre crâne n'est un être humain..."
     La Fée poussière : REF: SAN06 "Autrefois, il y a bien longtemps, mes chers enfants, j'étais jeune et j'entendais souvent les gens se plaindre d'une importune petite vieille qui entrait par les fenêtres quand on l'avait chassée par les portes. Elle était si fine et si menue, qu'en eût dit qu'elle flottait au lieu de marcher, et mes parents la comparaient à une petite fée. Les domestiques la détestaient et la renvoyaient à coups de plumeau, mais on ne l'avait pas plus tôt délogée d'une place qu'elle reparaissait à une autre..."
     Le Gnome des huitres : REF: SAN07 "Un original de nos amis, grand amateur d'huîtres, eut la fantaisie, l'an dernier, d'aller déguster sur place les produits des bancs les plus renommés, afin de les comparer et d'être édifié une fois pour toutes sur leurs différents mérites. Il alla donc à Cancale, à Ostende, à Marennes, et autres localités recommandables. Il revint persuadé que Paris est le port de mer où l'on trouve les meilleurs produits maritimes..."

 

     Jules VALLES, (1832-1885): journaliste et romancier né au Puy-en-Velay le 11 juin 1832 et décédé à Paris le 14 février 1885. Oeuvres principales : L'Enfant (1879), Les Blouses (1881), Le Bachelier (1881), L'Insurgé (1886),...
     Nous vous offrons:
     Mazas : REF: VAL01 "Nous parlerons de la prison et point du prisonnier, non d'un coupable, mais d'un supplice. Je connais Mazas. Il y a de cela pas mal d'années, nous fûmes, quelques amis et moi, arrêtés. Ce n'était la faute de personne. Un pauvre garçon nous avait dénoncés comme complices de je ne sais quelle conspiration, et l'on nous conduisit en prison. Renseignements pris, le juge d'instruction reconnut que notre accusateur n'était qu'un fou. Depuis le collège où nous avions été ses camarades et où nous nous mettions quelquefois à dix pour le maintenir dans ses accès, il était en proie à des attaques d'épilepsie et de délire ; lui-même avoua sa folie : on nous relâcha. Mais nous avions passé là quelques semaines, et entendant parler ces jours-ci prison et prisonnier, il m'est revenu à la mémoire quelques-unes des sensations que j'éprouvai dans la cellule et entre les murs des promenoirs..."
     Hernani : REF: VAL02 "Je m'étais posté au café même du théâtre, où le patron m'avait donné la meilleure place : il me voyait venir autrefois avec Gustave Planche, au temps où le pauvre homme commençait à souffrir du mal qui devait l'emporter et où je soutenais sur mon bras de vingt ans sa vieillesse précoce. J'aperçus, à deux tables plus loin, Toussenel qui venait aussi et qui est resté un habitué : ce bon Toussenel, toujours simple et modeste, en tenue d'officier retraité, chapeau de feutre mou, redingote boutonnée, moustache et barbiche blanches. Nous causâmes une minute du passé, mais une minute seulement ; il était sept heures et l'on allait jouer Hernani..."
     L'Art populaire : REF: VAL03 "L'art, à mon sens, peut diriger les destinées d'un peuple. Il est l'inspirateur souverain des sentiments qui entraînent les défaites méritées ou les victoires justes. C'est à ceux qui s'occupent des choses de l'esprit qu'appartiennent la tâche et le pouvoir de faire un peuple libre. Mais l'art actuel n'en est pas là. Il est encore aristocrate à sa façon, faiseur de cérémonies, esclave d'une étiquette qui est à la fois une injure à l'ignorance de la foule et au caractère de l'artiste..."
     Charles Baudelaire : REF: VAL04 "On me présenta à lui. Il clignota de la paupière comme un pigeon, se rengorgea et se pencha : - Monsieur, dit-il, quand j'avais la gale... Il prononça gale comme les incroyables disaient chaamant, et il s'arrêta. Il avait compté sur un effet et croyait le tenir tout entier avec son début singulier. Je lui répondis sans sourciller : - Êtes-vous guéri ?.."
     Chers parents : REF: VAL05 "C'est le moment où vous discutez dans les familles, autour de la table et sur l'oreiller, l'avenir de vos enfants ! De tous ces moutards en tunique de collége et de ces garçons, frais bacheliers qui rôdent ces jours-ci à travers les rues, qu'allez-vous faire ? C'est la rentrée demain dans les lycées, bientôt dans les écoles ; l'heure est décisive et le moment grave, plus grave qu'on ne pense ! J'en ai tant connu de ces pauvres garçons qui ont mal fini parce qu'on les fit mal commencer ! Ce n'était point leur faute, mais celle des hommes qui, chargés de diriger leurs premiers pas, les jetèrent tout petits dans le chemin qui conduit tout de suite à la souffrance et plus tard quelquefois à la honte..."
     Antony : REF: VAL06 "Jaloux du mari ! - C'est qu'il a tous les droits, le droit de tuer, - ce qui n'est rien, - mais le droit aussi d'aimer et d'être aimé, le scélérat ! Elle vous arrivera du foyer conjugal, indolente et pâlie, avec des taches violettes sous les yeux, la paupière lasse, et vous croirez lire sur le satin de sa peau le triomphe insolent de l'époux ! On se trompe souvent, toujours peut-être : elle est pâle parce qu'elle n'a pas dormi «en pensant à toi», parce qu'elle a veillé sa mère, parce qu'elle est souffrante aussi. Mais le spectre charnu du mari se dresse toujours menaçant entre eux deux, et, l'infâme qu'elle est, elle ne fait rien pour vous consoler, elle veut que l'on souffre encore et qu'on doute toujours ; elle aiguillonne votre amour avec la pointe de ce poignard..."
     Les Criminels : REF: VAL07 "A la prison de Lille vient de mourir un vieillard qui était âgé de quatre-vingt-douze ans et qui en avait passé quarante-cinq dans les maisons centrales ou les bagnes. C'était un prisonnier excellent, modèle de douceur, esclave de la discipline. Il ne fut pas puni une fois, mis au cachot seulement une heure, dans le cours de ses innombrables incarcérations. Il s'est éteint, comme un sage, entre les bras de l'aumônier, en demandant à Dieu l'entrée au paradis, où il promettait de se conduire aussi bien que dans les maisons du gouvernement. J'ai connu encore - bien avant qu'on parlât du bon captif de Lille, - j'ai connu un homme qui avait fait juste cinquante ans de bagne..."

 

     Auguste VILLIERS DE L'ISLE-ADAM, (comte de) (1838- 1889): romancier, dramaturge et critique français né à Saint-Brieuc le 7 novembre 1838 et décédé à Paris le 18 août 1889.
Oeuvres principales : Contes cruels (1883), Axël (1885-1886), Tribulat Bonhomet (1887), Nouveaux Contes cruels (1888),...

     Nous vous offrons:
     L'étonnant couple Moutonnet : REF: VIL01 "Ce qui cause la réelle félicité amoureuse, chez certains êtres, ce qui fait le secret de leur tendresse, ce qui explique l'union fidèle de certains couples, est, entre toutes choses, un mystère dont le comique terrifierait si l'étonnement permettait de l'analyser. Les bizarreries sensuelles de l'Homme sont une roue de paon, dont les yeux ne s'allument qu'au dedans de l'âme, et, seul, chacun connaît son désir..."
     Le Candidat par Gustave Flaubert : REF: VIL02"Lorsque sur la dernière scène du drame, la toile est tombée, comme la nuit sur les coassements d'un marécage, le public du Vaudeville est demeuré, pendant un bon moment, comme interdit, et pouvant à peine en croire ses oreilles. J'ai un faible pour ce public, lequel est tout particulier. J'ai eu affaire à lui, naguère, et c'est toujours avec intérêt que je l'observe, à l'occasion...."
    La Tentation de Saint Antoine par Gustave Flaubert : REF: VIL03"Le grand artiste qui vient de nous donner cette oeuvre encore, la Tentation de saint Antoine a cette fois, par la double nature de sa conception, placé dans une situation fort singulière l'esprit de qui entreprend de juger ce livre avec quelque profondeur. Il importe de nettifier tout d'abord cette situation, afin de ne point tomber dans les verdicts obscurs et irréfléchis, dans les malentendus risibles, que ce sombre Songe littéraire a suscités chez les critiques proprement dits...."
     Le socle de la statue : REF: VIL04"Plusieurs, certes, en parcourant l'histoire suivante, apercevront, sous l'apparente fantaisie des épisodes, sous leur inévitable trivialité même, la figure du notoire personnage dont j'ai, peut-être, voulu parler. Et quelques-uns pourront s'étonner de me voir ainsi condescendre à plaisanter les débuts, le foyer natal et les origines d'un «grand homme» (estampillé tel, du moins, par des majorités négligeables)..."
     Le réalisme dans la peine de mort : REF: VIL05"Les considérants, d'un ordre très élevé, au nom desquels un projet de loi sur les exécutions à huis-clos vient d'être rejeté par la Cour d'appel de Paris m'encouragent à livrer aux méditations du public (à simple titre de «documents humains») les quelques notes suivantes, crayonnées place de la Roquette, sous les fumeuses lanternes de notre instrument de supplice, au cours de la dernière exécution : celle d'un anonyme..."

 

     ZOLA, Emile (1840-1902) : Né et mort à Paris.
Jeunesse à Aix en Provence. Oeuvres principales: Thérès Raquin dont la préface contient le manifetse du Naturalisme, Les Rougon Macquart, Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire, 20 tomes dont: La Fortune des Rougon (1871), L'Assomoir (1877), Nana(1880), Germinal (1885), La bëte Humaie (1890) ...

    Nous vous offrons:
    
Lettre à la jeunesse (1897) ; REF: ZOL01
     Lettre à la France (1898) ; REF: ZOL02
     Préfaces diverses à des livres oubliés ;
REF: ZOL03
     Trois lettres parisiennes de La Cloche (1872) ;
REF: ZOL04
     Eloges d'écrivains, discours prononcés aux obsèques de Gonzalès, Cladel,
REF:
     ZOL05

     Maupassant, Houssaye, Goncourt, Daudet, Alexis (1891-1901).
REF: ZOL06

 
 

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