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AUTEURS CLASSIQUES
OFFERTS
LISTE DÉTAILLÉE
AVEC EXTRAITS DES TEXTES
(classement par ordre
alphabétique)
Alphonse
ALLAIS, (1854 -1905): écrivain
et humoriste français né à Honfleur (Calvados) en 1854 et mort à
Paris le 28 octobre 1905. Oeuvres principales : On n'est pas des boeufs
(1896), L'affaire Blaireau (1899), Captain Cap (1902),...
Nous vous offrons:
Amours d'escale
: REF:
ALL01 "Le
capitaine Mac Nee, plus généralement connu dans la marine écossaise
sous le nom de capitaine Steelcock, était ce qu'on appelle un gaillard.
Un charmant gaillard, mais un rude gaillard..."
Royal-Cambouis
: REF: ALL02 "Il est de bon goût
dans l'armée française de blaguer le train des équipages..."
L'autographe
homicide : REF: ALL03 "J'étais resté
absent de Paris pendant quelques mois, fort pris par un voyage
d'exploration dans la région nord-ouest de Courbevoie..."
Colydor :
REF: ALL04 "Son parrain, un
maniaque pépinériste de Meaux, avait exigé qu'il s'appelât, comme
lui, Polydore. Mais nous, ses amis, considérant à juste titre que ce
terme de Polydore était surprêmement ridicule, avions vite affublé le
brave garçon du sobriquet de Colydor, beaucoup plus joli, euphonique et
suggestif davantage..."
Phares : REF:
ALL05 "L'Eure
est probablement un des rares départements terriens français, et
certainement le seul, qui possède un phare maritime..."
Faits divers et
d'été :REF: ALL06 "Une lettre reçue la semaine
dernière de Chalon-sur-Saône n'a pas laissé que de me piquer au
vif..."
Loufoquerie :
REF: ALL07 "Cet homme me
contemplait avec une telle insistance que je commençais à en prendre
rage. Pour un peu, je lui aurais envoyé une bonne paire de soufflets
sur la physionomie, sans préjudice pour un coup de pied dans les
gencives..."
Postes et
télégraphes : REF:
ALL08 "Je
descendis à la station de Baisemoy-en-Cort, où m'attendait le dog-cart
de mon vieil ami Lenfileur..."
Pète-sec :
REF: ALL09 "- Ton ami Pète-Sec
commence à devenir rudement rasant, affirma Trucquard en se jetant tout
habillé sur son lit..."
Le post-sciptum
: REF:
ALL10 "Je
ne sais pas ce que vous faites quand vous accompagnez un ami à la gare,
après que le train est parti. Je n'en sais rien et ne tiens nullement
à le savoir..."
Le langage des
fleurs : REF: ALL11 "Je conçois, à la
rigueur, qu'un touriste ayant passé un siècle ou deux loin d'un pays
ne soit pas autrement surpris de trouver, à son retour, des décombres
et des ruines où il avait jadis contemplé de somptueux palais ; mais
tel n'était pas mon cas..."
Charles
ASSELINEAU, (1820 - 1874):écrivain
et bibliophile français né à Paris le 13 mars 1820 décédé à
Chatelguyon le 25 juillet 1874.
Oeuvres principales : La double vie (1858), L'enfer du bibliophile
(1860), Mélanges tirés d'une petite bibliothèque romantique (1866).
Nous vous offrons:
La jambe (1858)
: REF:
ASS01 "Elle
marchait devant moi, simplement, mais avec une grâce assez noble. Je
m'écriai :- Oh ! la jolie jambe !.."
L'enfer du
bibliophile (1860) : REF:
ASS02 "...
Oui... l'Enfer ! N'est-ce pas toujours là qu'il faut en venir, tôt ou
tard, dans cette vie ou dans l'autre, ô vous tous qui avez placé vos
joies dans des voluptés inconnues au vulgaire ? L'amoureux a
l'indifférence ; le joueur, la pauvreté ; l'ambitieux, l'impuissance ;
l'artiste, l'obscurité et l'envie ; le paresseux, la famine ; l'avare,
la ruine, et le gourmand, l'indigestion. Mais pourrait-il y avoir un
enfer pour une innocente manie, qui se repaît d'elle-même et qui
tourne à l'honneur des lettres et de la patrie, en faisant subsister
quatre ou cinq industries ? Je ne l'aurais pas cru. Il y en a un
pourtant. Je le sais aujourd'hui, car j'en reviens..."
André Boulle,
ébéniste de Louis XIV (1872) : REF:
ASS03 "Les grands
artisans sont de tous les grands hommes ceux dont la vie est le moins
connue. Leur humble naissance, les lenteurs de l'apprentissage,
l'obscurité du milieu où ils se meuvent les dérobent aux recherches
de l'historien, et à moins qu'ils n'aient laissé des mémoires comme
Palissy, ou qu'ils ne deviennent académiciens comme Bréguet, ils
courent grand risque de passer pour fabuleux..."
Théodore
de BANVILLE, (1823-1891) : né
à Moulins le 14 mars 1823 - mort à Paris le 14 mars 1891.Il consacra
toute sa vie à la poésie et au théâtre, et Mallarmé déclara qu'il
n'était pas "un homme mais la voix même de la lyre".
Oeuvres principales : Les Cariatides (1842), Les Stalactites (1846), Les
Odelettes (1856), Odes funambulesques (1857), Les éxilés (1867), Petit
traité de versification française (1872), Mes souvenirs (1882),
Gringoire (1866).
Nous vous offrons:
Le Chat (1882).
REF: BAN01
La Barbe bleue, conte. REF:
BAN01
Jules
BARBEY D'AUREVILLY, (1808 - 1889): écrivain
français né à Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche) le 2 novembre 1808,
décédé à Paris le 23 avril 1889. Oeuvres principales : Le Chevalier
Des Touches (1864), Un prêtre marié (1865), Les Diaboliques (1874),...
Nous vous offrons:
Fragment à mettre en tête du Joseph Delorme
que je dois donner à ... (1833) : REF:
BAR01
"DANS
une petite ville de province, par une après-midi de décembre, deux
jeunes filles venaient de s'habiller pour le bal. C'étaient deux amies
de pension, - deux contrastes ou deux harmonies : l'une avec de grands
yeux noirs comme la mort et farouches comme la peur, des dents
bleuâtres, un teint de bistre et des cheveux bruns blondissant en
atomes d'un or pâle à la pointe, - éternel adieu du soleil de son
enfance resté écrit sur ces boucles légères où la vie, déjà plus
avancée, avait versé ses obscurités, - petite, flexible, gracieuse,
qu'un tissu aérien et rose enveloppait : on aurait dit une guêpe dont
les ailes de velours noir seraient sorties d'une feuille de rose du
Bengale..."
Le plus bel amour de Don Juan, (1874) : REF:
BAR02 "Il vit donc toujours, ce
vieux mauvais sujet ? - Par Dieu ! s'il vit ! - et par l'ordre de Dieu,
madame, - fis-je en me reprenant, car je me souvins qu'elle était
dévote, - et de la paroissse Sainte-Clotilde encore, la paroisse des
ducs ! - Le roi est mort ! Vive le roi ! disait-on sous l'ancienne
monarchie avant qu'elle fût cassée, cette vieille porcelaine de
Sèvres. Don Juan, lui, malgré toutes les démocraties, est un monarque
qu'on ne cassera pas..."
Le cachet d'onyx, (1830) : REF:
BAR03
"Le
matin du jour où elle devait mettre sa parure le soir, elle l'essayait
devant sa psyché. Les rubis flambaient sur sa tête, à son cou, à ses
bras et contrastaient avec la nuance plus mate de sa robe
cramoisie..."
Léa (1832) : REF:
BAR04
"Une
voiture roulait sur la route de Neuilly. Deux jeunes hommes, en habit de
voyage, en occupaient le fond, et semblaient s'abandonner au nonchaloir,
d'une de ces conversations molles et mille fois brisées, imprégnées
du charme de l'habitude et de l'intimité..."
Une page d'histoire (1887) : REF:
BAR05 "De toutes les
impressions que je vais chercher, tous les ans, dans ma terre natale de
Normandie, je n'en ai trouvé qu'une seule, cette année, qui, par sa
profondeur, pût s'ajouter à des souvenirs personnels dont j'aurai dit
la force - peut-être insensée - quand j'aurai écrit qu'ils ont
réellement force de spectres..."
Charles
BAUDELAIRE, (1821-1867): écrivain
et poète français né à Paris le 9 avril 1821, décédé en cette
même ville le 31 août 1867.Oeuvres principales : Les Fleurs du mal
(1857), Curiosités esthétiques (1868), l'Art romantique (1869).
Nous vous offrons:
Morale du
joujou (1853) : REF:
BAU01
"Il y a bien des années, - combien ? je n'en sais
rien ; cela remonte aux temps nébuleux de la première enfance, - je
fus emmené par ma mère, en visite chez une dame Panckoucke. Était-ce
la mère, la femme, la belle-soeur du Panckoucke actuel ? Je l'ignore.
Je me souviens que c'était dans un hôtel très calme, un de ces
hôtels où l'herbe verdit les coins de la cour, dans une rue
silencieuse, la rue des Poitevins. Cette maison passait pour très
hospitalière, et à de certains jours elle devenait lumineuse et
bruyante..."
Comment on paie
ses dettes quand on a du génie (1845):
REF: BAU02 "L'anecdote
suivante m'a été contée avec prières de n'en parler à personne :
c'est pour cela que je veux la raconter à tout le monde.... Il était
triste, à en juger par ses sourcils froncés, sa large bouche moins
distendue et moins lippue qu'à l'ordinaire, et la manière entrecoupée
de brusques pauses dont il arpentait le double passage de l'Opéra. Il
était triste..."
Madame Bovary
par Gustave Flaubert (1857) : REF: BAU03 "En matière de
critique, la situation de l'écrivain qui vient après tout le monde, de
l'écrivain retardataire, comporte des avantages que n'avait pas
l'écrivain prophète, celui qui annonce le succès, qui le commande,
pour ainsi dire, avec l'autorité de l'audace et du dévouement..."
Conseils aux
jeunes littérateurs (1846) : REF:
BAU04
"Les préceptes qu'on va lire sont le fruit de
l'expérience ; l'expérience implique une certaine somme de bévues ;
chacun les ayant commises, - toutes ou peu s'en faut, - j'espère que
mon expérience sera vérifiée par celle de chacun..."
Les Drames et
les romans honnêtes (1857) : REF:
BAU05
"Depuis quelque temps, une grande fureur
d'honnêteté s'est emparée du théâtre et aussi du roman. Les
débordements puérils de l'école dite romantique ont soulevé une
réaction que l'on peut accuser d'une coupable maladresse, malgré les
pures intentions dont elle paraît animée. Certes, c'est une grande
chose que la vertu, et aucun écrivain, jusqu'à présent, à moins
d'être fou, ne s'est avisé de soutenir que les créations de l'art
devaient contrecarrer les grandes lois morales. La question est donc de
savoir si les écrivains dits vertueux s'y prennent bien pour faire
aimer et respecter la vertu, si la vertu est satisfaite de la manière
dont elle est servie..."
L'Ecole
païenne (1853): REF:
BAU06
"Il
s'est passé dans l'année qui vient de s'écouler un fait
considérable. Je ne dis pas qu'il soit le plus important, mais il est
l'un des plus importants, ou plutôt l'un des plus symptomatiques. Dans
un banquet commémoratif de la révolution de Février, un toast a été
porté au dieu Pan, oui, au dieu Pan, par un de ces jeunes gens qu'on
peut qualifier d'instruits et d'intelligents..."
Choix de
maximes consolantes sur l'amour (1846)
: REF: BAU07
"Quiconque écrit des maximes aime charger son
caractère ; - les jeunes se griment, - les vieux s'adonisent. Le monde,
ce vaste système de contradiction, - ayant toute caducité en grande
estime, - vite, charbonnons-nous des rides ; - le sentiment étant
généralement bien porté, enrubannons notre coeur comme un
frontispice..."
Alphonse
DAUDET, (1840 - 1897):
écrivain français né à Nîmes le 13 mai 1840 et décédé à Paris
le 15 décembre 1897. Oeuvres principales : Les lettres de mon moulin
(1866), Le petit chose (1868), Les contes du lundi (1873), Numa
Roumestan (1881),....
Nous vous
offrons:
Le singe :
REF: DAU01 "Samedi, soir de paye. Dans
cette fin de journée, qui est en même temps une fin de semaine, on
sent déjà le dimanche arriver. Tout le long du faubourg, ce sont des
cris, des appels, des poussées à la porte des cabarets. Parmi cette
foule d'ouvriers qui déborde du trottoir et suit la grande chaussée en
pente, une petite ombre se hâte furtivement..."
Le père
Achille : REF:
DAU02
"Midi
sonne aux cloches des fabriques ; les grandes cours silencieuses
s'emplissent de bruit et de mouvement. La mère Achille quitte son
ouvrage, la fenêtre où elle était assise, et se dispose à mettre son
couvert. L'homme va monter pour déjeuner. Il travaille là tout près
dans ces grands ateliers vitrés qu'on aperçoit encombrés de pièces
de bois, et où grincent du matin au soir les instruments des scieurs de
long... "
Le Cabecilla : REF:
DAU03
"Le
bon père achevait de dire sa messe, quand on lui amena les prisonniers.
C'était dans un coin sauvage des monts Arichulégui. Une roche
éboulée, où un figuier géant enfonçait sa tige tordue, formait une
sorte d'autel recouvert - en guise de nappe - d'un étendard carliste
aux franges d'argent. Deux alcarazas ébréchés tenaient lieu de
burettes..."
Wood'stown :
REF: DAU04 "L'emplacement était superbe
pour bâtir une ville. Il n'y avait qu'à déblayer les bords du fleuve,
en abattant une partie de la forêt, de l'immense forêt vierge
enracinée là depuis la naissance du monde. Alors abritée tout autour
par des collines boisées, la ville descendrait jusqu'aux quais d'un
port magnifique, établi dans l'embouchure de la Rivière-Rouge, à
quatre milles seulement de la mer..."
Salvette et
Bernadou : REF:
DAU05
"C'est
la veille de Noël, dans une grosse ville de Bavière. Par les rues
blanches de neige, dans la confusion du brouillard, le bruit des
voitures et des cloches, la foule se presse, joyeuse, aux rôtisseries
en plein vent, aux baraques, aux étalages. Frôlant avec un bruissement
léger les boutiques enrubannées et fleuries, des branches de houx
vert, des sapins entiers chargés de pendeloques passent portés à
bras, dominant toutes les têtes, comme une ombre des forêts de
Thuringe, un souvenir de nature dans la vie factice de l'hiver. Le jour
tombe..."
Le bon dieu de
Chemillé... : REF:
DAU06
"Le
curé de Chemillé s'en allait porter le Bon Dieu à un malade.
Vraiment, c'était pitié de songer que quelqu'un pouvait mourir par un
si beau jour d'été, en plein Angelus de midi, le moment de la vie et
de la lumière..."
DIDEROT,
Denis (1713-1784) :
né à Langres en 1713,
mort à Paris le 30 juillet 1784.
Il se lie avec Jean-Jacques Rousseau et Grimm, épouse une lingère
contre l’avis de son père. En 1747, il est nommé codirecteur, avec d’Alembert,
de la publication de l’Encyclopédie, dont les travaux vont absorber
pendant près de vingt ans une grande partie de son activité.
Esprit universel, Diderot croit en la « Science de toutes les sciences
», la philosophie, qui, en synthétisant toutes les connaissances, peut
mener au progrès de l’humanité.
À travers l’Encyclopédie, il condamne l’absolutisme, la monarchie
de droit divin, dénonce les privilèges, les atteintes à la liberté
du travail et la guerre.
Oeuvres principales: La Religieuse (1760), Le Neveu de Rameau (1762),
Jacques le Fataliste (1771)
Nous vous offrons:
Les deux amis
de Bourbonne (1770), REF: DID01
Regrets sur ma vieille robe de chambre ou avis
à ceux qui ont plus de goût que de fortune (1772). REF:
DID02
DUMAS,
Alexandre (1802-1870) : né
à Villers-Cotterêts en 1802, mort en 1870, chez son fils, Alexandre
Dumas fils.
La mort prématurée de son père le prive de la possibilité de faire
des études supérieures. Obligé de travailler dès son plus jeune âge
- il débute comme clerc de notaire - Alexandre Dumas tente sa chance à
Paris en 1822 .
Oeuvres principales: Henri III et sa cour (1829), Antony (1831), La Tour
de Nesle (1832), le Mari de la veuve (1832), Kean ou Désordre et Génie
(1836), Caligula (1837), Les Trois mousquetaires (1844), Vingt ans
après (1845), le Vicomte de Bragelonne (1848), le cycle de la Reine
Margot (1847), et le célèbre Comte de Monte-Cristo (1845).
Nous vous offrons:
Origine du
pommier (1868), REF: DUM01
Le Cocher de cabriolet (1831). REF:
DUM02
Isabelle
EBERHARDT, (1877-1904): femme
de lettres et voyageuse née à Genève le 17 février 1877 décédée
à Aïn Sefra (Algérie) le 21 octobre 1904.
Oeuvres principales : Nouvelles algériennes (1905), Dans l'ombre chaude
de l'islam (1906), Les journaliers (1922).
Nous vous
offrons:
Yasmina (1902) :
REF: EBE01 "Elle
avait été élevée dans un site funèbre où, au sein de la
désolation environnante, flottait l'âme mystérieuse des millénaires
abolis. Son enfance s'était écoulée là, dans les ruines grises,
parmi les décombres et la poussière d'un passé dont elle ignorait
tout. De la grandeur morne de ces lieux, elle avait pris comme une
surcharge de fatalisme et de rêve. Étrange, mélancolique, entre
toutes les filles de sa race : telle était Yasmina la
Bédouine..."
Pleurs
d'amandiers (1903) : REF:
EBE02
"Bou-Saada,
la reine fauve vêtue de ses jardins obscurs et gardée par ses collines
violettes, dort, voluptueuse, au bord escarpé de l'oued où l'eau
bruisse sur les cailloux blancs et roses. Penchés comme en une
nonchalance de rêve sur les petits murs terreux, les amandiers pleurent
leurs larmes blanches sous la caresse du vent... Leur parfum doux plane
dans la tiédeur molle de l'air, évoquant une mélancolie
charmante..."
Le Major (1903)
: REF:
EBE03
"Tout,
dans cette Algérie, avait été une révélation pour lui... une cause
de trouble - presque d'angoisse. Le ciel trop doux, le soleil trop
resplendissant, l'air où traînait comme un souffle de langueur, qui
invitait à l'indolence et à la volupté très lente, la gravité du
peuple vêtu de blanc, dont il ne pouvait pénétrer l'âme, la
végétation d'un vert puissant, contrastant avec le sol pierreux, gris
ou rougeâtre, d'une morne sécheresse, d'une apparente aridité... et
puis quelque chose d'indéfinissable, mais de troublant et d'enivrant,
qui émanait il ne savait d'où, tout cela l'avait bouleversé, avait
fait jaillir en lui des sources d'émotion dont il n'eût jamais
soupçonné l'existence..."
La Rivale
(1904) : REF:
EBE04
"Un
matin, les pluies lugubres cessèrent et le soleil se leva dans un ciel
pur, lavé des vapeurs ternes de l'hiver, d'un bleu profond..."
Gustave
Flaubert, (1821-1880):
écrivain
français né à Rouen (Seine-Maritime) le 12 décembre 1821, décédé
à Croisset (Seine-Maritime) le 8 mai 1880.
Oeuvres principales : Madame Bovary (1857), Salammbô (1862),
L'Education sentimentale (1869),...
Nous vous
offrons:
Mardi soir,
minuit. 4 Août 1846. :
REF: FLA01 "Il
y a douze heures, nous étions encore ensemble ; hier à cette heure-ci,
je te tenais dans mes bras... t'en souviens-tu ? Comme c'est déjà loin
!..."
Jeudi
soir, 11 heures. 6 Août 1846. :
REF: FLA08 "Ta lettre de ce matin est triste, et d'une douleur résignée. Tu
m'offres de m'oublier si cela me plaît..."
Samedi 8 Août
1846. : REF:
FLA02
"Je
suis brisé, étourdi, comme après une longue orgie ; je m'ennuie à
mourir. J'ai un vide inouï dans le coeur..."
Nuit de samedi
au dimanche, minuit. 8-9 AOût 1846.
: REF: FLA03 "Le ciel est pur ; la
lune brille. J'entends des marins chanter qui lèvent l'ancre pour
partir avec le flot qui va venir. Pas de nuages, pas de vent..."
Dimanche matin
10 heures. 9 Août 1846. : REF:
FLA04
"Enfant,
ta folie t'emporte. Calme-toi ; tu t'irrites contre toi-même, contre la
vie..."
Mardi
dans l'après-midi. 11 Août 1846. :
REF: FLA05 "Tu
donnerais de l'amour à un mort. Comment veux-tu que je ne t'aime pas ?
Tu as un pouvoir d'attraction à faire dresser les pierres à ta
voix..."
Mercredi soir.
12 Août 1846. : REF:
FLA06
"Tu
auras été toute la journée d'aujourd'hui sans lettre de moi. Tu auras
encore douté, pauvre amour. Pardonne-moi. La faute n'en est pas à ma
volonté, mais à ma mémoire..."
Nuit de
vendredi, 1 heure. 14 Août 1846.
: REF: FLA07 "Qu'ils sont beaux, les
vers que tu m'envoies ! Leur rythme est doux comme les caresses de ta
voix quand tu mêles mon nom dans ton gazouillage tendre..."
Rémy
de Gourmont, (1858-1915):
écrivain français né à Bazoches-au-Houlme (Orne) le 4 avril 1858,
décédé à Paris le 17 septembre 1915.
Oeuvres principales : Sixtine (1890), l'Esthétique de la langue
française (1899), la Physique de l'amour (1903),... co-fondateur du
Mercure de France (1890).
Nous vous
offrons:
Fin de
promenade : REF:
GOU01
"Araman
n'était pas un promeneur ordinaire, de ceux qui flânent, s'arrêtent
à un étalage, s'intéressent à un accident, se retournent pour suivre
d'un oeil vainement concupiscent la passante rapide qui file dans la
foule comme une truite dans l'ombre des eaux vives..."
Le marbre et la
chair : REF:
GOU02
"Un
atelier de sculpture affirme la supériorité de l'art sur la vie,
combien la chair est triste près de la joie lumineuse du marbre,
modeste près de la gloire des bronzes..."
Grèbe et
grèbe : REF: GOU03 "Cela se passait sur la
plage :..."
Le devoir... :
REF: GOU04 "M. Rame fut tout surpris d'avoir une maîtresse. Satisfait de sa
femme, il n'avait jamais sérieusement désiré aucun autre
épiderme,..."
Joris-Karl HUYSMANS, (1848-1907) :
né et mort à Paris.
Il entra, le 1er avril 1866, à la direction de la Sûreté générale
du ministère de l'Intérieur, où il resta jusqu'en 1898. Il se
consacra parallèlement, à la littérature. Oeuvres principales: A
rebours (1884) En rade (1887), Là-bas (1891), En route (1895), La
Cathédrale (1898), L'Oblat (1903).
Nous vous offrons:
La Bièvre
(1914). REF: HUY01
Jean
LORRAIN (1855-1906): écrivain
français né à Fécamp (Seine maritime) le 9 août 1855, mort à Paris
le 30 juin 1906.
Oeuvres principales : Sensations et souvenirs (1895), Monsieur de
Bougrelon (1897), Histoires de masques (1900), Monsieur de Phocas
(1901), La Maison Philibert (1904).
Nous vous
offrons:
Princesse
d'Italie (1898) : REF:
LOR01
"Bartholomeo
Giovanni Salviati, marquis de Spolète et duc de Vintimille, de la
vieille famille des Salviati, qui fournit des doges à Venise et des
gouverneurs à Florence, était déjà vieux de cinquante années et
veuf depuis quinze ans de Maria-Lucrezia Belleverani, les Belleverani de
Naples, alliés aux familles ducales de Modène et de Parme, et même à
la maison de Médicis, quand il épousait en secondes noces, lui, déjà
ridé et chenu, Simonetta Foscari, belle jeune fille de vingt ans à
peine, dans toute la fleur d'une éblouissante puberté..."
Histoire de la
bonne Gudule (Histoires de masques, 1900)
: REF: LOR02 "Mme de Lautréamont
habitait la plus belle maison de la ville : c'était l'ancien hôtel de
la Recette générale, bâti sous Louis XV (excusez du peu !) et dont
les hautes fenêtres, ornementées d'attributs et de coquilles,
faisaient l'admiration de quiconque passait sur la grande place les
jours de marché..."
Le Crapaud
(1895) : REF:
LOR03
"Ç'a
été une des plus affreuses impressions de mon enfance et c'en est
resté peut-être le plus tenace souvenir ; vingt-cinq ans ont passé
sur cette petite mésaventure d'écolier en vacances, et je ne puis
encore en évoquer la minute sans sentir mon coeur chavirer sous mes
côtes et me remonter jusqu'à la hauteur des lèvres dans une indicible
nausée de frayeur et de dégoût..."
Un crime
inconnu (Histoires de masques, 1900)
: REF: LOR04 "Ce qui peut se passer
dans une chambre d'hôtel meublé une nuit de mardi gras, non, cela
dépasse tout ce que l'imagination peut inventer d'horrible !..."
Récit de
l'étudiant (Histoires de masques, 1900)
: REF: LOR05 "Dans l'hôtel garni que
j'habitais alors rue du Faubourg-Saint-Honoré, j'avais fini par
remarquer une cliente aux allures assez louches..."
Madame
Gorgibus (Histoires de masques, 1900) :
REF: LOR06 "Parmi
les contes que Nanon montait nous débiter pour bercer notre fièvre, il
s'en trouvait parfois d'assez extraordinaires et plutôt faits pour
surexciter un esprit malade que pour apaiser un enfant nerveux ; mais
Nanon n'y entendait pas malice ; elle racontait son histoire telle
qu'elle la savait, tout à trac, au hasard de son répertoire, et on
eût bien contristé la pauvre fille si on lui avait dit qu'elle avait
augmenté la fièvre de l'un de nous..."
L'un d'eux
(Histoires de masques, 1900) :
REF: LOR07 "Le
mystère attirant et répulsif du masque, qui pourra jamais en donner la
technique, en expliquer les motifs et démontrer logiquement
l'impérieux besoin auquel cèdent, à des jours déterminés, certains
êtres, de se grimer, de se déguiser, de changer leur identité, de
cesser d'être ce qu'ils sont ; en un mot, de s'évader d'eux-mêmes
?..."
La Princesse
aux lys rouges (l'Echo de Paris, 11.06.1894) :
REF: LOR08 "C'était
une austère et froide enfant de rois : seize ans à peine, des yeux
gris d'aigle sous de hautains sourcils, et si blanche qu'on eût dit ses
mains de cire et ses tempes de perles..."
La Princesse
Neigefleur (l'Echo de Paris, 09.01.1894) :
REF: LOR09 "Quand
la reine Imogine sut que la princesse Neigefleur n'était pas morte, que
le lacet de soie qu'elle lui avait serré elle-même autour du cou ne
l'avait qu'à demi étranglée et que les gnômes de la forêt avaient
recueilli ce doux corps léthargique dans un cercueil de verre, pis,
qu'ils le gardaient invisible dans une grotte magique, elle entra dans
une grande colère : elle se dressa toute droite dans la stalle de
cèdre où elle songeait, assise dans la plus haute chambre de sa tour,
déchira dans toute sa longueur sa lourde dalmatique de brocart jaune
enrichie de lys et de feuillages de perles, brisa contre terre le miroir
d'acier qui venait de lui apprendre l'odieuse nouvelle et, saisissant de
male rage par la patte de derrière le crapaud enchanté qui lui servait
pour ses maléfices, elle le lança à toute volée dans la flamme de
l'âtre où il fit frisst, grisst et prisst et s'évapora comme feuille
sèche..."
Guy
de MAUPASSANT, (1850-1893): écrivain
français né au château de Miromesnil, près de Tourville-sur-Arques
(Seine maritime) le 5 août 1850, mort à Paris le 6 juillet 1893.
Oeuvres principales : Contes de la Bécasse (1883), Toine (1885),
Bel-Ami (1885), La Petite Roque (1886), Le Horla (1887), Pierre et Jean
(1888),...
Nous vous
offrons:
Aux champs
(1882) : REF:
MAU01
"Les
deux chaumières étaient côte à côte, au pied d'une colline, proches
d'une petite ville de bains..."
La bécasse
(1882) : REF:
MAU02
"Le
vieux baron des Ravots avait été pendant quarante ans le roi des
chasseurs de sa province. Mais, depuis cinq à six années, une
paralysie des jambes le clouait à son fauteuil ; il ne pouvait plus que
tirer des pigeons de la fenêtre de son salon ou du haut de son grand
perron..."[Conte d'ouverture du volume : Les Contes de la bécasse]
En mer (1883) :
REF: MAU03 "Un
affreux malheur vient de jeter la consternation parmi notre population
maritime déjà si éprouvée depuis deux années..."
Les épingles
(1888) : REF:
MAU04
"
- Ah ! mon cher, quelles rosses, les femmes !.."
Farce normande
(1882) : REF:
MAU05
"La
procession se déroulait dans le chemin creux ombragé par les grands
arbres poussés sur les talus des fermes..."
La folle (1882)
: REF: MAU06 "Tenez, dit M. Mathieu
d'Endolin, les bécasses me rappellent une bien sinistre anecdote de la
guerre..."
La peur (1882)
: REF: MAU07 "On remonta sur le pont
après dîner..."
Le lit (1882) :
REF: MAU08 "Par
un torride après-midi du dernier été, le vaste hôtel des Ventes
semblait endormi, et les commissaires-priseurs adjugeaient d'une voix
mourante..."
Les sabots
(1883) : REF:
MAU09
"Le
vieux curé bredouillait les derniers mots de son sermon au-dessus des
bonnets blancs des paysannes et des cheveux rudes ou pommadés des
paysans..."
Menuet (1882)
: REF: MAU10 "Les grands malheurs ne
m'attristent guère, dit Jean Bridelle, un vieux garçon qui passait
pour sceptique. j'ai vu la guerre de bien près : j'enjambais les corps
sans apitoiement..."
Ce cochon de
Morin (1882) : REF:
MAU11
"-
Ca, mon ami, dis-je à Labarbe, tu viens encore de prononcer ces quatre
mots, "ce cochon de Morin"...
Un normand
(1882) : REF:
MAU12
"Nous
venions de sortir de Rouen et nous suivions au grand trot la route de
Jumièges..."
Pierrot (1882) :
REF: MAU13 "Mme
Lefèvre était une dame de campagne, une veuve, une de ces
demi-paysannes à rubans et à chapeaux à falbalas, de ces personnes
qui parlent avec des cuirs, prennent en public des airs grandioses, et
cachent une âme de brute prétentieuse sous des dehors comiques et
chamarrés, comme elles dissimulent leurs grosses mains rouges sous des
gants de soie écrue..."
La rempailleuse
(1882) : REF:
MAU14
"C'était
la fin du dîner d'ouverture de chasse chez le marquis de
Bertrans..."
Le testament
(1882) : REF:
MAU15
"Je
connaissais ce grand garçon qui s'appelait René de Bourneval..."
La veillée
(1882) : REF:
MAU16
"Elle
était morte sans agonie, tranquillement, comme une femme dont la vie
fut irréprochable ; et elle reposait maintenant dans son lit, sur le
dos, les yeux fermés, les traits calmes, ses longs cheveux blancs
soigneusement arrangés comme si elle eût fait sa toilette encore dix
minutes avant la mort, toute sa physionomie pâle de trépassée si
recueillie, si reposée, si résignée qu'on sentait bien quelle âme
douce avait habitée ce corps, quelle existence sans trouble avait
menée cette aïeule sereine, quelle fin sans secousses et sans remords
avait eue cette sage..."
Octave
MIRBEAU, (1848-1917):
journaliste, critique d'art, romancier et dramaturge français né à
Trévières (Calvados), le 16 février 1848, décédé à Paris le 16
février 1917.
Oeuvres principales : l'Abbé Jules (1888), Sébastien Roch (1890), le
Jardin des supplices (1899), le Journal d'une femme de chambre (1900),
les Affaires sont les affaires (1903).
Nous vous
offrons:
Le Concombre
fugitif : REF:
MIR01
"Je
vous dirai que j'aime les fleurs d'une passion presque monomaniaque. Les
fleurs me sont des amies "silencieuses et violentes", et
fidèles. Et toute joie me vient d'elles. Mais je n'aime pas les fleurs
bêtes car, si blasphématoire que cela paraisse,..."
Explosif et
baladeur : REF:
MIR02"Le
concombre fugitif a fait du chemin - c'est bien le cas de le dire, avec
et sans image - depuis le jour où je l'aperçus qui "se
trottait" dans les jardins du père Hortus. Il a disparu et n'a
plus donné de ses nouvelles. Voici la lettre que le vieux jardinier de
Granville m'écrit à ce sujet. Elle est navrante, botaniquement parlant
:..."
Mon jardinier
: REF: MIR03"Mon
jardinier, le bon Clément, met des tuteurs aux glaïeuls. Cette année,
les glaïeuls font triste mine ; le pied est tout jaune, les grandes
feuilles, à forme de glaive, retombent, sans force, çà et là
marbrées de rouille, et les hampes sortent, tortillées et veules,
montrant les spathes roussies par les coups de soleil..."
Le mur :
REF: MIR04"Le
père Rivoli a un mur. Ce mur longe une route. Et il est fort délabré.
Les pluies et la pioche du cantonnier en ont miné la base ; les
pierres, déchaussées, ne tiennent plus guère, et des brèches
s'ouvrent. Il est pourtant joli,..."
La vache
tachetée : REF:
MIR05"Depuis
un an que le malheureux Jacques Errant avait été jeté dans un cachot
noir comme une cave, il n'avait vu âme qui vive, hormis des rats et son
gardien, qui ne lui parlait jamais..."
Un point de vue
: REF:
MIR06"...
Et voici comment il parla : - Monsieur le Juge, vous voyez en moi
l'homme le plus stupéfait du monde. Vrai, je vous le jure, jamais je
n'aurais imaginé qu'une telle chose fût possible ! Après ces quinze
jours de détention, de menottes aux mains, d'interrogatoires
incompréhensibles, de courses vertigineuses, entre deux gardes, de la
prison au Palais et du Palais à la prison... oui, malgré cette
réalité horrible, j'en suis encore à me demander si je ne rêve pas
!..."
Pantomime
départementale : REF:
MIR07"C'est
dans un journal de l'Eure, qui me fut communiqué par mon ami monsieur
Alphonse Allais, avec toutes les garanties légales de la plus
incontestable authenticité, que je trouve les détails de la sombre et
funambulesque histoire qu'on lira plus loin..."
MISTRAL,
Frédéric (1830-1914) : Né
et mort à Maillane (8 sept. 1830- 25 mars 1914).
Mistral , déviant de voies tracées à l’avance refuse à la fois le
statut de propriétaire terrien et les métiers du droit , s’engage
dans la littérature. Il choisit d'écrire en provençal.Oeuvres
principales: Mirèio œuvre épique ( 12 chants , 7000 vers),
Calendau (1866) et Lou Pouèmo dóu Rose (1897), Lis Isclo d’Or
(1876), Nerto (1884), Lis Oulivado (1912), Memòri e raconte ( œuvre
biographique parue en 1906), la Rèino Jano (théâtre) (1890) .
Nous vous offrons:
Les Secrets
des Bestes (1896). REF: MIS01
Jean
MOREAS, (1856-1910): (Yanni
Papadiamantopoulos) poète grec d'expression française né à Athènes
le 15 avril 1856 et décédé à Saint-Mandé le 30 avril 1910.
Oeuvres principales : Les Syrtes (1884), Les Cantilènes (1886), Stances
(1891-1893), Contes de la vieille France (1904),....
Nous vous
ofrons:
Le pas
d'armes périlleux : REF:
MOR01
"Le
jeune Léonatus était un prince courtois et merveilleusement beau. Son
père, le roi, avait épousé en secondes noces une veuve, dame de
grande noblesse, laquelle avait de son premier mari, roi également, une
fille qui chaque jour devenait plus gracieuse et plus sage. Le roi
chérissait sa belle fille, et la reine faisait de même du fils de son
mari. Quant à Léonatus et à Emeraude, c'était le nom de la
jouvencelle, ils vivaient volontiers ensemble ; et étant encore dans
l'enfance, ils passaient les heures à se promener dans le verger, à
jouer à cache-cache et à poursuivre les papillons. Souvent ils se
prenaient par les mains et ils se baisaient en riant sur les deux
joues..."
Le couronnement
de Louis : REF:
MOR02
"Ce
jour-là, dans la chapelle d'Aix, il y avait bien dix-huit archevêques
et autant d'évêques, et le Pape en personne chanta la Messe. Dans la
chapelle d'Aix, il y avait bien vingt-six abbés et quatre rois
légitimes, ce-jour-là que l'empereur Charles voulut céder la couronne
à son fils Louis. Un archevêque monte en chaire. - Barons, fait-il,
écoutez-moi : Charles-le-Grand a usé son temps ; la couronne lui
pèse. Il a un fils à qui il la veut donner..."
Guillaume au
faucon : REF:
MOR03
"Il
y avait jadis un damoiseau aimable et gracieux, qui avait nom Guillaume,
et l'on eût pu chercher dans vingt pays avant de trouver son pareil. Il
n'était encore que simple écuyer et servait un châtelain depuis sept
ans entiers, dans l'espoir d'être armé par lui chevalier. Toutefois,
il ne s'impatientait point, se trouvant bien de vivre où il vivait : je
vous en dirai la raison. Amour avait mis son coeur sens dessus dessous,
et il aimait la femme du châtelain de façon à ne pouvoir s'en
arracher. Mais elle ne se doutait de rien ; autrement, elle se serait
bien gardée que le damoiseau n'eût occasion de lui parler en tête à
tête..."
RENARD Jules (1864-1910) :
né le 22 février 1864 à Châlons-du-Maine
(Mayenne), mort le 22 mai 1910 à Paris.Oeuvres principales:
"Poil de Carotte", "Le vigneron dans sa
vigne", "Histoires naturelles",
"Bucoliques", "Journal". Renard puisera très
souvent son inspiration dans la campagne nivernaise et parmi ses
"frères farouches".
Nous vous offrons:
La demande,
(1890). REF: REN01
George
SAND, (1804-1876) :
(Armandine
Lucie Aurore Dupin, baronne Dudevant) femme de lettres française née
à Paris le 1er juillet 1804 et décédée à Nohant le 8 juin 1876.
Oeuvres principales : La Mare au diable (1846), François le Champi
(1847-1848), La Petite Fadette (1849), Les Maîtres sonneurs (1853),....
Nous vous offrons:
Le Chêne
parlant : REF: SAN01 "Il y avait autrefois en
la forêt de Cernas un gros vieux chêne qui pouvait bien avoir cinq
cents ans. La foudre l'avait frappé plusieurs fois, et il avait dû se
faire une tête nouvelle, un peu écrasée, mais épaisse et verdoyante.
Longtemps ce chêne avait eu une mauvaise réputation. "
Le Chien et la
fleur sacrée : REF:
SAN02
"Nous
avions jadis pour voisin de campagne un homme dont le nom prêtait
souvent à rire : il s'appelait M. Lechien. Il en plaisantait le premier
et ne paraissait nullement contrarié quand les enfants l'appelaient
Médor ou Azor. C'était un homme très bon, très doux, un peu froid de
manières, mais très estimé pour la droiture et l'aménité de son
caractère. Rien en lui, hormis son nom, ne paraissait bizarre : aussi
nous étonna-t-il beaucoup, un jour où son chien avait fait une sottise
au milieu du dîner. Au lieu de le gronder ou de le battre, il lui
adressa, d'un ton froid et en le regardant fixement, cette étrange
mercuriale :..."
L'Orgue du
titan : REF:
SAN03
"Un
soir, l'improvisation musicale du vieux et illustre maître Angelin nous
passionnait comme de coutume, lorsqu'une corde de piano vint à se
briser avec une vibration insignifiante pour nous, mais qui produisit
sur les nerfs surexcités de l'artiste l'effet du coup de foudre. Il
recula brusquement sa chaise, frotta ses mains, comme si, chose
impossible, la corde les eût cinglées, et laissa échapper ces
étranges paroles :..."
Ce que disent
les fleurs : REF: SAN04 "Quand j'étais enfant,
ma chère Aurore, j'étais très tourmentée de ne pouvoir saisir ce que
les fleurs se disaient entre elles. Mon professeur de botanique
m'assurait qu'elles ne disaient rien ; soit qu'il fût sourd, soit qu'il
ne voulût pas me dire la vérité, il jurait qu'elles ne disaient rien
du tout. Je savais bien le contraire. Je les entendais babiller
confusément, surtout à la rosée du soir ; mais elles parlaient trop
bas pour que je pusse distinguer leurs paroles ; et puis elles étaient
méfiantes, et, quand je passais près des plates-bandes du jardin ou
sur le sentier du pré, elles s'avertissaient par une espèce de psitt,
qui courait de l'une à l'autre... "
Le Marteau
rouge : REF:
SAN05
"J'ai
trahi pour vous, mes enfants, le secret du vent et des roses. Je vais
vous raconter maintenant l'histoire d'un caillou. Mais je vous
tromperais si je vous disais que les cailloux parlent comme les fleurs.
S'ils disent quelque chose, lorsqu'on les frappe, nous ne pouvons
l'entendre que comme un bruit sans paroles. Tout dans la nature a une
voix, mais nous ne pouvons attribuer la parole qu'aux êtres. Une fleur
est un être pourvu d'organes et qui participe largement à la vie
universelle. Les pierres ne vivent pas, elles ne sont que les ossements
d'un grand corps, qui est la planète, et, ce grand corps, on peut le
considérer comme un être ; mais les fragments de son ossature ne sont
pas plus des êtres par eux-mêmes qu'une phalange de nos doigts ou une
portion de notre crâne n'est un être humain..."
La Fée
poussière : REF:
SAN06
"Autrefois,
il y a bien longtemps, mes chers enfants, j'étais jeune et j'entendais
souvent les gens se plaindre d'une importune petite vieille qui entrait
par les fenêtres quand on l'avait chassée par les portes. Elle était
si fine et si menue, qu'en eût dit qu'elle flottait au lieu de marcher,
et mes parents la comparaient à une petite fée. Les domestiques la
détestaient et la renvoyaient à coups de plumeau, mais on ne l'avait
pas plus tôt délogée d'une place qu'elle reparaissait à une
autre..."
Le Gnome des
huitres : REF:
SAN07
"Un
original de nos amis, grand amateur d'huîtres, eut la fantaisie, l'an
dernier, d'aller déguster sur place les produits des bancs les plus
renommés, afin de les comparer et d'être édifié une fois pour toutes
sur leurs différents mérites. Il alla donc à Cancale, à Ostende, à
Marennes, et autres localités recommandables. Il revint persuadé que
Paris est le port de mer où l'on trouve les meilleurs produits
maritimes..."
Jules
VALLES, (1832-1885): journaliste
et romancier né au Puy-en-Velay le 11 juin 1832 et décédé à Paris
le 14 février 1885. Oeuvres principales : L'Enfant (1879), Les Blouses
(1881), Le Bachelier (1881), L'Insurgé (1886),...
Nous vous
offrons:
Mazas
: REF: VAL01 "Nous parlerons de la
prison et point du prisonnier, non d'un coupable, mais d'un supplice. Je
connais Mazas. Il y a de cela pas mal d'années, nous fûmes, quelques
amis et moi, arrêtés. Ce n'était la faute de personne. Un pauvre
garçon nous avait dénoncés comme complices de je ne sais quelle
conspiration, et l'on nous conduisit en prison. Renseignements pris, le
juge d'instruction reconnut que notre accusateur n'était qu'un fou.
Depuis le collège où nous avions été ses camarades et où nous nous
mettions quelquefois à dix pour le maintenir dans ses accès, il était
en proie à des attaques d'épilepsie et de délire ; lui-même avoua sa
folie : on nous relâcha. Mais nous avions passé là quelques semaines,
et entendant parler ces jours-ci prison et prisonnier, il m'est revenu
à la mémoire quelques-unes des sensations que j'éprouvai dans la
cellule et entre les murs des promenoirs..."
Hernani
: REF: VAL02 "Je m'étais posté au
café même du théâtre, où le patron m'avait donné la meilleure
place : il me voyait venir autrefois avec Gustave Planche, au temps où
le pauvre homme commençait à souffrir du mal qui devait l'emporter et
où je soutenais sur mon bras de vingt ans sa vieillesse précoce.
J'aperçus, à deux tables plus loin, Toussenel qui venait aussi et qui
est resté un habitué : ce bon Toussenel, toujours simple et modeste,
en tenue d'officier retraité, chapeau de feutre mou, redingote
boutonnée, moustache et barbiche blanches. Nous causâmes une minute du
passé, mais une minute seulement ; il était sept heures et l'on allait
jouer Hernani..."
L'Art
populaire : REF:
VAL03
"L'art,
à mon sens, peut diriger les destinées d'un peuple. Il est
l'inspirateur souverain des sentiments qui entraînent les défaites
méritées ou les victoires justes. C'est à ceux qui s'occupent des
choses de l'esprit qu'appartiennent la tâche et le pouvoir de faire un
peuple libre. Mais l'art actuel n'en est pas là. Il est encore
aristocrate à sa façon, faiseur de cérémonies, esclave d'une
étiquette qui est à la fois une injure à l'ignorance de la foule et
au caractère de l'artiste..."
Charles
Baudelaire : REF:
VAL04
"On
me présenta à lui. Il clignota de la paupière comme un pigeon, se
rengorgea et se pencha : - Monsieur, dit-il, quand j'avais la gale... Il
prononça gale comme les incroyables disaient chaamant, et il s'arrêta.
Il avait compté sur un effet et croyait le tenir tout entier avec son
début singulier. Je lui répondis sans sourciller : - Êtes-vous guéri
?.."
Chers parents
: REF: VAL05 "C'est le moment où vous
discutez dans les familles, autour de la table et sur l'oreiller,
l'avenir de vos enfants ! De tous ces moutards en tunique de collége et
de ces garçons, frais bacheliers qui rôdent ces jours-ci à travers
les rues, qu'allez-vous faire ? C'est la rentrée demain dans les
lycées, bientôt dans les écoles ; l'heure est décisive et le moment
grave, plus grave qu'on ne pense ! J'en ai tant connu de ces pauvres
garçons qui ont mal fini parce qu'on les fit mal commencer ! Ce
n'était point leur faute, mais celle des hommes qui, chargés de
diriger leurs premiers pas, les jetèrent tout petits dans le chemin qui
conduit tout de suite à la souffrance et plus tard quelquefois à la
honte..."
Antony :
REF: VAL06 "Jaloux
du mari ! - C'est qu'il a tous les droits, le droit de tuer, - ce qui
n'est rien, - mais le droit aussi d'aimer et d'être aimé, le
scélérat ! Elle vous arrivera du foyer conjugal, indolente et pâlie,
avec des taches violettes sous les yeux, la paupière lasse, et vous
croirez lire sur le satin de sa peau le triomphe insolent de l'époux !
On se trompe souvent, toujours peut-être : elle est pâle parce qu'elle
n'a pas dormi «en pensant à toi», parce qu'elle a veillé sa mère,
parce qu'elle est souffrante aussi. Mais le spectre charnu du mari se
dresse toujours menaçant entre eux deux, et, l'infâme qu'elle est,
elle ne fait rien pour vous consoler, elle veut que l'on souffre encore
et qu'on doute toujours ; elle aiguillonne votre amour avec la pointe de
ce poignard..."
Les Criminels
: REF: VAL07 "A la prison de Lille
vient de mourir un vieillard qui était âgé de quatre-vingt-douze ans
et qui en avait passé quarante-cinq dans les maisons centrales ou les
bagnes. C'était un prisonnier excellent, modèle de douceur, esclave de
la discipline. Il ne fut pas puni une fois, mis au cachot seulement une
heure, dans le cours de ses innombrables incarcérations. Il s'est
éteint, comme un sage, entre les bras de l'aumônier, en demandant à
Dieu l'entrée au paradis, où il promettait de se conduire aussi bien
que dans les maisons du gouvernement. J'ai connu encore - bien avant
qu'on parlât du bon captif de Lille, - j'ai connu un homme qui avait
fait juste cinquante ans de bagne..."
Auguste
VILLIERS DE L'ISLE-ADAM, (comte de) (1838- 1889):
romancier, dramaturge et critique français né à
Saint-Brieuc le 7 novembre 1838 et décédé à Paris le 18 août 1889.
Oeuvres principales : Contes cruels (1883), Axël (1885-1886), Tribulat
Bonhomet (1887), Nouveaux Contes cruels (1888),...
Nous vous
offrons:
L'étonnant
couple Moutonnet : REF:
VIL01
"Ce
qui cause la réelle félicité amoureuse, chez certains êtres, ce qui
fait le secret de leur tendresse, ce qui explique l'union fidèle de
certains couples, est, entre toutes choses, un mystère dont le comique
terrifierait si l'étonnement permettait de l'analyser. Les bizarreries
sensuelles de l'Homme sont une roue de paon, dont les yeux ne s'allument
qu'au dedans de l'âme, et, seul, chacun connaît son désir..."
Le Candidat par
Gustave Flaubert : REF:
VIL02"Lorsque
sur la dernière scène du drame, la toile est tombée, comme la nuit
sur les coassements d'un marécage, le public du Vaudeville est
demeuré, pendant un bon moment, comme interdit, et pouvant à peine en
croire ses oreilles. J'ai un faible pour ce public, lequel est tout
particulier. J'ai eu affaire à lui, naguère, et c'est toujours avec
intérêt que je l'observe, à l'occasion...."
La Tentation de Saint
Antoine par Gustave Flaubert :
REF: VIL03"Le
grand artiste qui vient de nous donner cette oeuvre encore, la Tentation
de saint Antoine a cette fois, par la double nature de sa conception,
placé dans une situation fort singulière l'esprit de qui entreprend de
juger ce livre avec quelque profondeur. Il importe de nettifier tout
d'abord cette situation, afin de ne point tomber dans les verdicts
obscurs et irréfléchis, dans les malentendus risibles, que ce sombre
Songe littéraire a suscités chez les critiques proprement
dits...."
Le socle de la
statue : REF:
VIL04"Plusieurs,
certes, en parcourant l'histoire suivante, apercevront, sous l'apparente
fantaisie des épisodes, sous leur inévitable trivialité même, la
figure du notoire personnage dont j'ai, peut-être, voulu parler. Et
quelques-uns pourront s'étonner de me voir ainsi condescendre à
plaisanter les débuts, le foyer natal et les origines d'un «grand
homme» (estampillé tel, du moins, par des majorités
négligeables)..."
Le réalisme
dans la peine de mort : REF:
VIL05"Les
considérants, d'un ordre très élevé, au nom desquels un projet de
loi sur les exécutions à huis-clos vient d'être rejeté par la Cour
d'appel de Paris m'encouragent à livrer aux méditations du public (à
simple titre de «documents humains») les quelques notes suivantes,
crayonnées place de la Roquette, sous les fumeuses lanternes de notre
instrument de supplice, au cours de la dernière exécution : celle d'un
anonyme..."
ZOLA,
Emile (1840-1902) : Né
et mort à Paris.
Jeunesse à Aix en Provence. Oeuvres principales: Thérès Raquin dont
la préface contient le manifetse du Naturalisme, Les Rougon Macquart,
Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire, 20
tomes dont: La Fortune des Rougon (1871), L'Assomoir (1877), Nana(1880),
Germinal (1885), La bëte Humaie (1890) ...
Nous vous offrons:
Lettre à
la jeunesse (1897) ; REF: ZOL01
Lettre à
la France (1898) ; REF: ZOL02
Préfaces diverses à des livres oubliés ; REF:
ZOL03
Trois lettres parisiennes de La Cloche (1872) ;
REF: ZOL04
Eloges d'écrivains, discours prononcés aux
obsèques de Gonzalès, Cladel, REF:
ZOL05
Maupassant, Houssaye, Goncourt, Daudet, Alexis
(1891-1901). REF: ZOL06
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