A
propos de Marc Beveren
Marc BEVEREN est né à Roubaix, dans le Nord. Rebelle dès l'enfance, non conventionnel, il a vécu des paradoxes, allant jusqu'à enseigner la comptabilité au Ministère des Finances et exercer une carrière de Trésorier Principal !
Retraité depuis trois ans, il s'adonne à la photo et à l'écriture, tente d'exprimer poésie, spleen, son éternel idéal féminin ...
Ses lectures d'aujourd'hui : Eric-Emmanuel Schmitt, Frank Pavloff, Françoise Dorin, Florence Juliard, et tous ceux qui l'aident à essayer de comprendre ce qui se passe à l'intérieur des plexus masculin et ... féminin.
Des Elles ... émoi
Roman
(Formulaire
d'achat en bas de page)
Extrait
1:
Érable ... de ma confiance.
Tu es vieux ! Tu es là, miraculé des tempêtes sévères, cycliques, qui ont vrillé tes congénères. Tu es haut, très haut, plus fragile tu sembles encore, Toi dont la masse devrait te desservir, ne faudrait-il pas trois brassées d'hommes pour t'entourer ?
Pourtant tu es là, toujours là, ton faîte dégarni au fil du temps, dans la canopée tropicale tu aurais presque l'air ridicule. Toi seul sais que tu n'as rien à prouver, ces restes feuillus hauts perchés, inaccessibles presque au regard sont pour Toi et pour Toi seul preuve de la sève toujours jaillissante. Tu n'es pas mort, tu existes, tu n'as pas besoin des autres, sans orgueil tu te complais dans ce parc. Que de multiples espèces, plus belles que toi t'entourent ne te complexe pas. Force d'équilibre, tu as tout simplement confiance en toi.
Un 16 juin je déambulais, refusant la tentation des "bistrots", drogue alcoolique, drogue des contacts humains n'auraient aidé qu'à ma destruction, m'auraient empêché d'être conscient, de ne pouvoir assister à ma propre mort. Dans mon errance je passais dans le parc, je me suis assis sans savoir pourquoi, face à Toi que je ne voyais pas, tu n'étais même pas le motif de cet arrêt.
Les bruits de circulation ne m'atteignaient pas. Mes yeux tombèrent inévitablement sur Toi, tronc enraciné solidement dont la base enflée évoquerait la partie visible des bulbes. Au tiers de ta hauteur tu te courbes légèrement avant de te redresser, erreur de croissance, comme si un corps caverneux avait faibli à la puberté.
Deux arbustes, taillés en rond t'encadrent au pied.
Le portable sonne, tu me parais dérision.
Une voix, quelle voix ! Une heure et demie de conversation. Rien de psychologique, rien de coquin, aucune banalité, rien que du vrai, profond, complexe, défiante quelque part, cette voix ne m'apportait aucun espoir, elle allait à l'encontre de ton symbole, cette voix m'a apporté plus que tout.
Tu n'y es pour rien, cher vieil érable et si tu n'avais été végétal, de moi tu te serais vraisemblablement moqué.
De cette magnifique épreuve, de l'alchimie qui s'est produite en moi en ces instants, tu en as certainement été élément catalyseur, tu en es sorti intact, tu l'es toujours, moi non, j'ai été transformé, j'ai reçu ce que tu avais: la confiance.
Depuis, je n'ai jamais manqué chaque 16 juin de venir me recueillir à ton pied. Quand un jour tu ne me verras pas en cette date anniversaire, s'il te plaît pense alors à l'automne suivant à verser une petite feuille pour moi, dans la bise de cette voix.
Extrait
2:
Variations sur le "marché".
Une personne de sexe féminin, la trentaine, s'est rendue à la halle aux comestibles ( vous remarquerez, la nature des souillures grasses sous les chaussures en est la preuve). Elle y acheta un pain, et ..., des digitales ( observez ces traces de miettes et de pollen, tant sur ce lainage, que sur les doigts, prenez la loupe ). C'est après avoir mis ces mortels "glaïeuls" dans ce vase funéraire qu'elle a rejoint son aïeul ! Ce vase, regardez, il est le même que celui sur la photo sur la cheminée, photo de la tombe du père. La mort a été rapide, on peut la fixer à 11 heures précises. Le coup de pompe de fin de matinée vous connaissez? Pas le temps de se laver les mains et avec le croûton de la baguette s'ingurgite le mortel poison. Rendez-vous demain pour l'autopsie, si vous avez de l'estomac!
Commissaire, Il faudrait s'assurer que ces fleurs n'étaient pas destinées au mari!
Macho ?
Alors ? Cela valait bien le coup d'aller au marché : poireaux, carottes, navets, pommes de terre, tomates, fruits, poissons de toutes sortes, du porc pour huit jours, et des fleurs par-dessus le marché ! Et un nouveau vase en plus de ça !
Mais tu n'as donc rien dans la tronche ma pauvre fille, et mes bières alors?
Harpagon FREUD
Bravo Madame.
J'ai écouté votre récit.
Nets progrès !
Agoraphobie vaincue, budget tenu, sociabilité retrouvée dans cette foule, et quelle reprise de goût à la vie que de penser à fleurir votre intérieur !
Eh bien, rendez-vous dans quinze jours, même heure !
......
ACAPulco
Nouvelle
Extrait:
Gare de Forest sur Thure
- " Taxi ! : La gare s'il vous plait. "
- " A quelle heure votre train ? "
- " 16 heures 25 "
- " Nous sommes dans les temps
- " Je sais, merci. "
* * *
La petite gare de Forest sur Thure ressemble à toutes les gares de la fin du XIXème, style Baltard, érigée avec les matériaux de l'endroit, essentiellement de la brique aux couleurs vives et variées, rajeunies par un récent ravalement.
De fines particules de poussière dansent dans les rayons du soleil, chauds projecteurs éclairant les guichets vert-sombre. Sous ces effets de lumière la vitre séparant le hall des bureaux paraît sans tain. L'étrange douceur des lieux contraste avec la légère fraîcheur extérieure. Par ses dimensions, l'harmonieuse salle des pas perdus semble vivre.
La porte sud s'ouvre. Une silhouette apparaît en contre-jour, élancée. L'allure est élégante, long manteau noir marqué à la taille, épaules larges. Des cheveux noirs, mi-longs accompagnent dans leur balancement le martèlement de ses pas. Les flashs argentés émanant du col d'astrakan, les reflets auburn de ses cheveux lui donnent un charme étrange, mélange de douceur et d'une froideur qu'impliquerait sa démarche.
Sac de voyage en cuir retourné, déposé au sol, d'un geste ample et sûr elle ouvre le manteau, laissant apparaître une robe sobre, bleu électrique adouci par un léger moucheté blanc. Le collier de perles fines qui descend presque à la taille met en valeur cette tenue et ajouterait de la classe si cela était encore nécessaire.
La légère odeur de citronnelle qui franchit l'hygiaphone force l'employé à lever les yeux sur son visage. Front lisse, fins sourcils soigneusement épilés, longs cils bien détachés malgré le mascara, pommettes hautes, quelque peu saillantes, joues légèrement creusées, teint naturel qu'aucun maquillage soigné ne saurait égaler, nez fin, large sourire spontané dont la délicate asymétrie révèle une sensualité certaine, ponctuée par un menton juvénile, il est impossible de lui donner un âge.
Elle lance :
- " Paris 1ère classe pour le 16 heures 25 s'il vous plait "
- " aller-retour ? "
- " comment ?
- " aller-retour ? "
- " aller oui, . aller-retour ".
Perrache.
Lyon Perrache, 15 heures 17, blaser croisé bleu-marine, non boutonné, pantalon de flanelle grise, plis bien marqués, classique chemise blanche, cravate gris-pastel ornée de discrets papillons, il se dirige, légère Samsonite à la main vers une borne tactile, se frayant facilement un chemin dans les cordons de foules qui se croisent.
- " choisissez l'initiale de votre destination "
......
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