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Auteur: Serge Bombay

R.D.C. Remords d'un rendez-vous manqué avec son destin.
J'habite mon pays. Je suis avec mon peuple. Le Congo démocratique, cet inconnu aux multiples visages. Tout simplement beau. Cette affirmation est plus que jamais d'actualité. Les explorateurs, les colonisateurs ; les habitants et touristes, s'accordent tous et versent dans le torrent d'émotions et d'admiration. Ses multiples tendances ethniques et linguistiques qui confluent dans ses murs en font un puzzle étonnant et hétéroclite et fascinant. Son majestueux fleuve, long de 4800 km qui traverse le pays de bout en bout avec ses multiples affluents et confluents l'irriguent lui garantie une fraîcheur toutes les saisons. La régularité de son débit, ses 32 chutes, son histoire e t son cortège de souvenir consacre son caractère unique au monde. Un pays merveilleux, sa population unie et diversifié a une tout autre identité limpide ; sur toute son étendue : L'hospitalité de ses habitants avérées et démontrée depuis des siècles. Sa grande et magnifique foret équatoriale étincellent, riche en arbres, est d'une verdure étonnante. Ses parcs naturels ; ses plaines et plateaux. Sa particularité est toute aussi symbolique à l'image de l'Okapi, espèce rare et unique au monde. Décoré par toute espèce des pierres précieuses et minéralogiques. Etendue sur 2 345 000 km carrés, bien situé au coeur de l'Afrique dans un cadre géopolitique stratégique. Il est d'une silhouette imposante, d'une élégance épurée. Tout se passe comme dans le regard d'une femme offrant ainsi et toujours nouveaux rêves et légendes. Force est de reconnaître qu'il n'est pas facile de prendre le Congo en photo, de le fixer sur du papier glacé sous une image unique et unidimensionnelle. Car ses multiples traits lui donne une expression diversifiée et une physionomie mobile. C'est un pays à la fois riche, beau et immense ; assez flou dans l'esprit de ses habitants eux-mêmes.
44 ans après l'idempotence mon Congo est un pays exsangue. Sa population est frappée par la misère la plus noire. Si la Belgique impériale est à l'origine de certaines réalisations positives, elle est aussi le facteur de destruction socio-économique, morale et physique de son ancienne colonie : Dans une déclaration au sénat belge en date du 22/ janvier 1963, M. Paul Henri Spaak dit " Au Congo, nous étions dans une situation qui tenait à la fois de la tragédie du vaudeville. Nous soutenions à la fois le Katanga et le reste du congo. Nous accordions notre assistance technique au deux gouvernement ", ceci doublé de leur idéologie politique pour leur colonie " pas d'élite pas de problème ". Oublier ce fait pour rendre le congolais seul responsable de ses propres malheurs relève d'une dangereuse mystification de l'histoire.
En date du 30/06/1960, devenu indépendant. Au fil des ans ; l'idéal de la liberté s'est transformé d'une manière lente mais sure en un cauchemar. Le grand espoir du grand destin fut très vite englouti par une instabilité monstrueuse. Dès le lendemain de l'indépendance toutes les inquiétudes commencèrent à se confirmer, car en effet, jusqu'au 1er septembre 1959 tous les cadres étaient essentiellement étrangers et en Mai 1960 seuls 9 congolais avaient été nommée au Grade d' Adjudant (pour l'armée). Le discours de Lumumba du 30 juin fut révélateur de l'état d'esprit dans lequel le pays accéder à souveraineté nationale et internationale et plongea beaucoup d'autres dans l'expectative. Car en effet, à la veille de la proclamation de l'indépendance du Congo, il était connu de l'opinion publique l'existence d'un projet de sécession consistant à faire du Katanga un Etat distinct et indépendant. Mais il fallait attendre jusqu'au lendemain de l'accession du Congo à la souveraineté nationale pour que combien impréparé et immature étais le congolais ainsi la subjectivité et l'échec de discours politiciens. En effet la mutinerie de la force publique apportât une occasion favorable aux sécessionnistes de se manifester et de proclamer leur plan :
-le 11/01/1960 l'Etat indépendant de Katanga fut proclamé. Cet acte de dissidence fut une flagrante violation de la loi fondamentale.
- Les tragiques guerres tribales qui opposaient les Baluba aux Lulua ainsi que les services infligés aux ressortissants du Kasaï au Katanga sécessionniste ont provoqué un important mouvement d'immigration des baluba vers Bakwanga, où ceux-ci convienne de créer le 08/août/ 1960 la " province minière " dans le dessin de se séparer des Lulua. De plus le fait que M. kalonji ne fut pas repris dans l'équipe gouvernemental de Lumumba renforça le courant atomiste. C'est ainsi que fut proclamé le 09/août/ 1960 à Elisabethville, l'indépendance de l'état minier avec Bakwanga comme capital qui devint plus tard 'Etat Autonome du sud Kasaï'
-Apres la destitution De P.E. Lumumba du poste du premier ministre, ses partisans constituèrent dès novembre 1960, une province dissidente ( la province orientale)et refusèrent de se soumettre au gouvernement central..
- Le 3/octobre 1963 à l'issue de l'assemblée nationale des unitaristes Lumumbistes fut crée le conseil national de libération (CNL) avec but de renverser le pour central. Dans la nuit du 31/ décembre 1963 c'est le tour de la rébellion mule liste qui secoua l'est du congo.
En plus des tous ces conflits armés et ethniques, les fondements de la nation devenue souveraine sous peu étaient fortement secoués par les conflits institutionnels qui se sont bien identifiées dans la personne des politiciens. Ce qui conduit à destitution des institutions par le haut commandement dirigé par Mobutu.

Le Congo est un pays dépossédé de son destin dès les premiers instants de son accession à l'indépendance. Toujours marchandé par les puissances impériales, son sort est souvent et toujours décidé dans le concert loin de son peuple. Comme cette femme incapable d'initiative qui reste à son mari tout simplement parce que c'est tout ce qu'elle sait faire et la seul chose dont elle est capable ; ainsi le Congo est resté dans toutes ses relations bi- et multilatérales : avec USA, France, Belgique, ONU et UE, etc. 
Le Congo a vu des choses que vous ne verrez peut-être pas. Des horreurs qu'il n'ose partager, des monstruosités que l'on ose dire. Il a sa propre histoire, non pas celle écrite en occident par l'occident, mais celle que vit son peuple, celle que connaissent ses frontières. Plus il prend de l'âge, ce poids-là devient insupportable. Tout changement de saison lui insuffle une douleur dans se os. Il ne connaît pas de repos. Notre passé nous poursuit. Comme une chenille en fin de métamorphose, elle secoue toute la nation comme une chenille qui s'agite pour quitter sa carcasse. Longtemps a-t-on voulu s'en débarrasser, la laisser sortir. Mais peut-être se veut-on prudent, peut-être même trop, je dirai, choisissant que dire et que ne pas dire. On se veut innocent autant qu'on meurt de se voir perdu, et d'avoir perdu la langue. Jusqu'à quand porterons-nous une conscience agitée ? Jusqu'à quand supporterons-nous d'être secoués ? Jusqu'à quand détiendrons-nous captive la vérité ? Le jugement est déjà sans pitié. Celui des générations de demain nous effacera, car le jugement a le pouvoir de faire vivre et de faire mourir.

Qui es-tu Congo ? Qui suis-je ? Je suis le coeur de l'Afrique. Je partage son sort, celui d'un destin qui n'aboutit pas. " Je suis atteint d'une maladie rare dont je ne guérirai peut-être pas ". Le Congo a longtemps vécu dans l'illusion et l'erreur. On a longtemps pensé avoir conquis l'Occident sans s'être conquis au préalable. Un pays qui n'a jamais eu sa propre vie. Depuis longtemps le Congo ne vit que la vie des impérialistes, se livrant sans jamais être délivrer ; enrichissant tout en s'appauvrissant, battissant tout en se démolissant. Il ne s'agit pas de pointer le doigt accusateur ou de tirer la couverture. C'est très facile ! Plus que jamais, nous porterons notre histoire. Nous n'échapperons à ses souvenirs. Dans la conscience nous porterons les remords d'un destin manqué. Esclaves, nous le serions si nous n'avions pas payé de notre sang. Quelle leçon devons-nous tirer ? 44 ans dans la nuit, au fil du noir d'une attente incertaine : humiliation, déshonneur, souffrance. Le Congo porte sur ses vielles épaules fatiguées une histoire, lourde de honte et du sang, chargé de misère et de déchirement.

Que dire donc ? Dominer est inhérente à la nature humaine. Dieu dit : " Dieu les bénit et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui rampe sur la terre. Dieu dit : Voici que je vous donne toute herbe porteuse de semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre fruitier porteur de semence : ce sera votre nourriture.Gén.1.28- 29" Nous ne pouvons définir le Congolais en dehors du Congo ; son sol et son sous-sol est le passage obligé pour découvrir notre destin et garantir un avenir à espérer. Nous ne pouvons continuer à ignorer l'ombre de notre misère ; ne pas sentir le poids de notre chagrin car la substance de notre chagrin est bien réel et même mortel. Jusqu'ici nous avons vécu comme dans la jungle. Nous avons survécu à la seule loi du prédateur impérialiste et de ses acolytes. Comme une mère incertaine, la maternité nous intrigue ; Comme toute mère ressent toujours tous ses enfants, ainsi en est-il du Congo qui n'a rien à offrir à sa progéniture qu'elle ne cesse de ressentir: ceux assassinés, ceux morts pour des causes perdues et occultes, ceux frappés par la misère et la famine. Il attend impatiemment l'arrivée de l'aurore, pour les embrasser tous et les tenir dans ses bras. Nous avons le regard perdu dans le noir de la nuit. Nous ne trouverons nulle part de raison d'exister que faire vivre le Congo, ce don divin et l'asseoir dans son destin. Comme une mère qui fixe son bébé et admire son regard innocent, son sourire angélique, la gesticulation de ses petits membres en parfaite harmonie avec son intérieur : c'est une partie d'elle, c'est elle-même. Nous somme le bébé, le Congo est notre mère ; nous sommes le Congo, nous sommes sa raison d'exister. Nous sommes restés très longtemps comme cette femme incapable d'initiative. Nous n'avons voulu savoir rien d'autres que la hutte que le Colon nous a montré être notre espace vitale. Le péché du Congo ne peut qu'être nommé : naïveté, passivité, complicité, manque de compétence ainsi que de courage : Le Congo ne fait rien quand il sait que ses agresseurs viennent pour mettre le feu à sa hutte. Rien du tout pour le dissuader. Mais il se contente seulement de préparer de l'eau pour éteindre le feu. Avons-nous choisi d'être Congo et ses Congolais ? Non ! Nous n'avons de choix non plus que de nous assumer et notre destin avec.

Indépendance ! Ah, un mot étranger, complexe et incompris avec son cortège de violence. Le pire n'était pas la présence impériale belge et ses alliés. Mais plutôt l'immobilisme congolais, son insensibilité. Le pire n'était pas non plus le but occulte des Occidentaux, mais plutôt l'absence du but congolais, son incapacité à posséder son pays pour en jouir. Depuis, le Congo est fixé, le Congolais est figé dans une image unidimensionnelle par le seul instant colonial. C'est le genre qui fini toujours par perdre. Jugeons notre faiblesse. Condamnons notre naïveté. Voyons notre complicité et notre traîtrise. Notre cher beau pays n'est-il pas un don de Dieu aux Congolais ? Ne sommes-nous pas sa raison d'être et d'exister ? Longtemps nous avons porté le souvenir de notre souffrance dans le dos, celui de l'injustice et de la cruauté auxquelles nous avons survécus. Qu'est ce que vivre donc ? Sinon porter ses marques, changer et célébrer ces quelques nouveaux mots chèrement acquis : indépendance, souveraineté nationale et internationale etc. Oui le 30 Juin. Ce jour un deuil a cessé, le jour où les cadavres qui jonchaient nos rues sont remplacés par les fleurs, la peur remplacée par l'espoir. Mais malheureux peuple est ce Congolais jusqu'à quand vas-tu hypothéquer les acquis de ce jour ? O ! Silence coupable. Les paroles sont douloureuses certes, mais libératrices. Nous avons la gorge serrée quand nous évoquons tous ses souvenirs. Nos parents nous ont engendrés dans l'horreur de ces images qui ne cesse de nous poursuivre. Toujours nous portons cette honte inexplicable. Enterrer un être cher est un rite pénible. Mais n'est retrouver les cadavres de nos héros nous ampute mortellement. Kivu et tout l'Est ne sont plus un lieu touristique, mais plutôt un champ de mort où les dignes fils du Congo meurent pour une cause qui n'est pas la leur, que dis-je ; la notre. 44ans après nous ne pouvons nier notre naïveté et notre passivité.

En effet, depuis le 30 Juin, le Congo n'a connu que le contraire de tous les beaux discours lui déclarés par tous les acteurs coloniaux et politique, le chao était déjà presque total. Puis ensuite, il y a eu ce revers de la médaille : ce coup de force de1965 par Mobutu. Dune main de fer, il instaura son sinistre dynastie. Epuisé par 32 ans de la dictature Mobutienne, le Congo est devenu l'un des pays le plus pauvre d'Afrique et du monde. L'hémorragie des compétences qui s'est doublée d'analphabétisation chronique qui touche 80% de la population n'a fait que l'enfoncer de plus en plus dans la crise. Cette situation déjà catastrophique s'est aggravée avec l'embargo lui imposé depuis 1990 sur le plan international. 80% de sa population active est au chaumage et vit avec moins de 2$/le jour. Secoué par la crise politique des années quatre-vingt-dix ; la faillite de la Gécamines dit 'poumon économique', la fuite des capitaux ; souffrant de l'impunité et de la corruption, l'inexistence de l'autorité de l'état et militaire, le Congo verra venir le 17/mais/1997 une guerre dite de libération. Mis à genoux, décapité et agonisant, il gi dans sa richesse. Un pays suffisamment surendetté ; enclavé, improductif ; la dévaluation monétaire toujours au rendez-vous se traduit par un renchérissement des produits de première nécessité. 
Notre souffrance est encore bien plus grande, une véritable descente aux enfers. Dans cette atmosphère morose, la clase politique éternise l'impasse : appelle aux manifestations, journées ville morte. Comme si la pilule n'était pas encore amère, l'autorité de l'état déjà mis à mal par une transition tumultueuse et interminable n'a fait que disparaître davantage. Ni le pouvoir publique ni l'armée ne sont capable de prendre des mesures de rétorsion contre des activités violentes et illégales ; de fraude et corruption. 

Toujours et encore ce peuple impuissant, complice par son silence coupable et sa naïveté insolente. Ils sont rongés de l'intérieur tous ceux dont l'esprit est épris de liberté, rongé dans leur coeur qui sans cesse découvrent le sentiment de l'inutilité : Car plus que tout et même tous, nous avons nous-même détruit tout ce qui restait comme valeur au Congo. Le Congo est devenu entre nos mains un scandale géologique, invivable pour ses fils. Nous nous sommes nous même déposséder et privés de nos chers héros dans une répression brutale et sanglante. La rébellion de 1997 doublée de l'agression et aussi une grande marque de honte que nous portons. Oh Congo, ce grand petit pays, cette riche pauvre nation, ce fort faible peuple !

Le Congo, est-il un accident de la nature ? Non, sûrement pas ! Ou même peut-être oui. Mais cela n'altère rien au droit de vivre car nous sommes un peuple. Nous sommes reconnaissants aux explorateurs qui ont découvert le Congo dans ce trou perdu de l'Afrique et nous saluons tous les efforts et sacrifices du Colon pour tout son travail qui amène le Congo dans le concert des nations. Mais on se rend à l'évidence, le Congo n'est pas un peuple pour les grandes puissances ou même pour l'ONU, mais une matière. Ils le marchandent entre eux à l'aide de leur multinationales : le peuple congolais ne pèse pas pour plus que ses richesses ; l'embargo injuste lui imposé à cause d'un individu depuis 1990 en est une preuve bien faite.
Nous vivons dans l'ambivalence : nous avons l'intention d'abandonner nos prérogatives humaines, en voulant en même temps le retenir. Nous soutenons et perpétrons la corruption et la fraude, l'illégalité et l'impunité, mais nous voulons un état de droit, fort et puissant. Nous détruisons l'état et nous qu'il existe et nous prenne en charge. Nous ne respectons pas les circuits bancaires et nous une monnaie forte ; sans produire nous voulons un grand pouvoir d'achat. Nous nous entourons des immondices et nous voulons être en bonne santé. Tel est l'état de ce pays depuis. C'est la tragi-comédie de notre réalité quotidienne : nous clamons haut et fort notre grandeur, et nos droits fondamentaux que nous rendons nous-mêmes impossibles. Dans une simplicité apparente et horrible nous détruisons l'organe et nous en réclamons la fonction. Nous engageons des hommes sans notions adéquates et nous attendons deux progrès ; nous n'avons le sens de l'honneur et nous sommes choquer de voir les traîtres. 

Nous ne sommes pas un simple peuple à pétrir où à couper dans les formes de qui que c'est soi. Ou même sommes-nous faits pour obéir aux pouvoirs absolus ? Je ne trouve banal que nous continuions à nous plaindre parce que jusqu'ici l'Occident et leurs acolytes ont mal utilisé le pouvoir et contre nous. Je parle de cette destruction particulière de l'être que la vertu morale n'a pu guérir.

Aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de savoir quel était le véritable sens de leur pouvoir sur nous : la colonisation et son cortège de civilisation et de modernisation incarné dans notre contexte une beauté tragique. Il y a deux sens négatifs et paradoxaux à savoir l'imitation et la limitation avec le belge. silence et soumission avec Mobutu. Pouvons-nous nous demander pourquoi tenons-nous tant à devenir comme eux alors que nous sommes nés différents. Démocratie signifie principe pouvoir de la majorité sur la minorité. Mais en pratique c'est l'inverse ; c'est le pouvoir de la minorité sur la majorité, c'est le pouvoir du gouvernement sur le peuple. La nature du pouvoir politique est de réduire les gouvernés à la simple nature pour pouvoir le conquérir. Quant à la démocratie, tout comme la dictature peut tous détruire dès lors que le pouvoir est possédé par l'homme dans sa condition déshumanisée. Je ne suis pas sûr que nous soyons attentifs à l'importance élémentaire de notre parcours. C'est pourquoi j'ai choisi de commencer depuis l'indépendance. Je ne pense pas que les auteurs et acteurs de ce moment historique nous voulaient du mal. Je leur dois respect. Mais en même temps je manque tout éloge à leur faire et je ne peux me taire sur l'état actuel de leur travail.

Haut et fort, ils étaient nombreux à réclamer l'indépendance. Ce mot emprunté de l'étranger, d'hors et déjà mal compris par la majorité avait-il le même rapport conceptuel pour le politicien et le colon ? Pour le politicien et le peuple ? Et pour le colon et le peuple ? Vraisemblablement, la seule et plausible signification qui s'y est dégagée c'est le départ du colon. Sans douter de leur élan patriotique. J'aimerai relever la confusion qui nous hante et pave notre parcours jusqu'à ce jour.
Il y a lieu de se poser la question sur le caractère vénal et subjectif de leur action tout particulièrement. Et de dire que toute leur action était plus en rapport avec leur état (subjectif donc). Car on ne pouvait imaginer un Congo grand, libre et prospère avec à peine 15 universitaires et une centaine des diplômés au départ du colon. Ils l'ont cherché de façon très subjective. Évidemment celui qui réclame indépendance nationale ne peut dire : " Je veux l'indépendance " tant cela parait trop égoïste. Même si la liberté est un droit primordial et inaliénable, elle ne peut et ne doit être simplement et uniquement émotionnel et sujet de considération personnelle. Nous avons de bonnes raisons de croire que derrière cette action acharnée pour l'indépendance se cache l'orgueil et la sublimation de la liberté, plutôt que l'essence et le sens du destin. Eu égard à l'état actuel de leur travail ne réduirons nous cette indépendance clairement acquise à leur sentiment et leur combat personnel ?
Jamais le politicien ne saurait conquérir son inadvertance. Et ne cessera non plus à y insister au nom du peuple. Nous lisons toujours deux choses dans le discours et l'action politique : Tout et Rien du tout : c'est avant lui, son choix, et son action propre. Aucun peuple ne saurait résister aux discours de l'indépendance et de la liberté imposée par ceux qui s'estimés éclairés. Tout naturellement, je suis aussi d'accord que la masse ne peut arriver à faire une inférence consciente de ce qu'elle entend afin de déceler la subjectivité et le manque d'importance de ce discours. Leur chance c'est d'agir sur une masse sans âme peu éclairée vivant entre ici-et-maitenant, un peuple qui n'a aucune notion du caractère risqué de la politique. La présence de ce discours en nous demeuré dans l'inconscience, ou il agit non pas comme facteur de la liberté, mais comme le triomphe de la liberté.

Aujourd'hui 44 ans plus tard elle conditionne et nous contrains à des controverses jamais imaginées. Je suis sûr que tous ces auteurs et acteurs de cette époque ne savaient pas ce qu'il nous faisait, ni ce que le peuple leur faisait. C'était un discours d'un caractère indéniablement vénal et endormant qui exploitait nos sentiments du pire colonial, l'injustice sociale. S'ils devaient s'en tenir au peuple, à son droit et son destin, l'art du succès et de la réussite serait leur affaire. Ils n'étaient rien pour être enviés et leur patriotisme ne pouvait en aucun cas gagner le marathon du destin de ce grand et beau pays et que même leur pitié et compassion ne pouvait soulager les ruines de l'immaturité et de l'impréparation. Ils devaient reconnaître leur place et la prendre et laisser au peuple sa place. Je veux dire que l'éducation et la préparation sont la place des dirigeants. Mais l'action et le choix sont au peuple. 
44 ans après son accession à la souveraineté nationale et internationale sa marche comme lors de ses premiers pas au lendemain de son accession à ladite souveraineté est de plus en plus jalonnée de violence sanglante qui endeuille ses habitants. Un peuple qui pourtant ne demande qu'à vivre en paix sur son sol. La crédulité du peuple congolais, son hospitalité non jamais rencontrés une satisfaction. De la déclaration " nous voulons l'indépendance " ou " nous voulons la liberté "le peuple n'a rien appris de précis sur le bonheur et son destin.
De cette action nous n'apprenons qu'hâtivement et indélébilement une croyance dans l'homme du politicien, aucune notion de sens de responsabilité et de son destin. Tout ce que nous savons de leur action ce qu'il fallait à tout prix mettre fin à l'action coloniale. (À suivre...)



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