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A propos de SERGHEZ.
J'ai 43 ans et je suis serveur dans
un grand hôtel de Québec depuis 21 ans.
Je partage ma vie depuis vingt ans avec ma
conjointe (Isabelle) et nous
avons deux belles grandes filles de 12 et 10
ans (Léa et Pascale). Je suis professeur de
Taekwondo aussi, depuis cette année et je
pratique ce sport depuis 10 ans. Mon hobbie
préféré est d'enfourcher ma moto (Une
Harley-Davidson) et de partir sur les routes
en compagnie de ma femme.:-)
J'écris des histoires depuis l'école
primaire. Des auteurs tels que,Stephen King,
Dean R. Koontz, Robert Ludlum et Henri
Vernes m'ont beaucoup influencé sur le style
d'écriture que je produis. J'ai quelques
nouvelles en réserve et j'ai presque terminé
le premier roman d'une trilogie fantastique
dont, j'espère, arriver au bout
prochainement! :-)
LE CHALET AU BOUT DU CHEMIN.
Extrait 1 :
Éric conduisait depuis près de deux
heures. La musique de Prince sortait à plein
tube des six haut-parleurs savamment
installés dans son Audi TT. Éric était
jeune, beau et riche. Éric était chanteur de
rock et son troisième microsillon, le
premier en anglais, voyageait dans les
vingt-cinq premières places du Billboard
américain. Sa gueule, un peu boudeuse et mal
rasée, faisait chavirer les foules de ses
spectacles qui étaient, doit-on le préciser,
presque exclusivement composées de filles
buvant ses paroles et se pâmant sur le
moindre de ses gestes. Éric ne manquait de
rien depuis que Robert ‘’ Big Bob’’ Guay
l’avait découvert dans un concours de
chanteurs amateurs, à Montréal, quatre ans
auparavant. Big Bob avait tout de suite
remarqué les possibilités du jeune homme
qui, à cette époque là, n’était âgé que d’à
peine dix-huit ans. Le gérant d’artiste
avait tout misé sur son poulain. Il avait
même hypothéquer sa maison tellement il y
croyait. Le look sauvage et sensuel d’Éric,
ses yeux sombres et énigmatiques et surtout
sa voix éraillée, à la Garou, dont la
puissance était quasi-magique, étaient
autant d’atouts qui amèneraient le jeune
homme et son gérant dans les plus hautes
sphères du showbiz international.
Et il n’avait pas eu tort le Big Bob, oh que
non!pensait Éric avec une amertume profonde,
Prince lui braillant, d’une voix suraiguë,
sa chanson Kiss dans les oreilles. Six mois
de préparation, une simple chanson qui fit
une bombe à travers toute la province de
Québec et Éric Gagné, le ‘’rocker
ténébreux’’ comme l’appelaient
affectueusement les journalistes à potins,
devint une star sans conteste sur sa terre
natale. Mais le départ fulgurant de sa
carrière, ...
Extrait 2:
-Salut Éric. Mes amies et moi nous te
trouvons super beau et super gentil. Demain,
tu chantes avec ton groupe à Québec. Nous
avons essayé d’avoir des billets pour ton
show mais ils ont été vendus hyper vite!! On
se demandait si tu ne pouvais pas nous en
procurer car nous voudrions vraiment te voir
chanter. Tu ne passes plus souvent ici et
cela nous ferait mourir de ne pas te voir
demain soir. Écris-nous s.v.p!! Nous
t’aimons tellement.
-Encore des toutounes qui veulent des passes
gratuites, ça devient chiant à la longue,
lança Éric qui caressait l’une des filles en
train de sniffer sa ligne. T’as rien de plus
drôle à lire, ce soir?
-Attends, répondit Charles en riant, elle a
signé sa lettre, la pitoune, et sais-tu
comment elle s’appelle?
-Non mais tu vas me le dire, dit le chanteur
qui regardait les deux filles s’embrasser
goulûment, maintenant.
Charles se retourna vers son ami, le regard
toujours aussi déphasé.
-Elle s’appelle Anna Duderrière,
s’esclaffa-t-il.
Éric lâcha les deux filles du regard pour
regarder son ami, bouche bée.
-C’est pas vrai, lança-t-il.
Gagné se leva et rejoignit son ami pour voir
s’il ne lui montait pas un bateau. Il
regarda le nom à la fin de la lettre, ‘’Anna
Duderrière’’, et regarda Charles un instant.
Puis, Éric Gagné partit d’un rire
incontrôlable tandis que Charles
l’accompagna sans retenu.
-Sacrement, lança Éric, comment ses parents
ont pu lui faire ça. Le chanteur n’en
pouvait plus de rire ainsi.
-‘sais pas, répondit Charles avec peine.
C’était peut-être une enfant qu’ils ne
voulaient pas et tant qu’à la faire chier...
Éric continua à rire de plus belle. Les deux
filles, sur le divan, se lâchèrent et
regardèrent les deux amis, intriguées.
-Y date de quand ce email? demanda Éric.
-De cet après-midi, répondit Charles.
Pourquoi?
Puis, le bassiste arrêta de rire.
-Tu vas pas lui écrire? demanda-t-il,
incrédule.
Extrait 3:
-Écoute Éric, fais pas ça. Tu prends mal ta
coke ce soir. Tu vas lui faire de la peine
pis tu vas le regretter demain matin.
Gagné dégagea durement la main de son ami.
-Lâche-moi sacrement! Va donc t’occuper de
ces deux-là (il pointait les deux filles,
toujours sur le divan, derrière lui) et moi
je vais écrire à cette jeune idiote les
vrais choses de la vie.
-Éric, commença Charles, inquiet.
Gagné se retourna vivement.
-Fais ce que je te dis pis ferme ta gueule,
ok!
Charles se renfrogna sous l’insulte. Depuis
quelques semaines l’attitude d’Éric avait
changé. Son statut de vedette, et la drogue
aidant, lui avaient cette fois-ci,
complètement monté à la tête. Le chanteur
prenait tout le monde pour des moins que
rien. Même Charles devait affronter les
fureurs de son ami, et ce, de plus en plus.
Sans un mot, le bassiste se dirigea vers les
deux groupies mais passa devant sans un
regard pour elles. Il ouvrit la porte du
penthouse que Big Bob avait loué à son
protégé, au Château Frontenac. Il s’arrêta
sur le seuil, un moment, et se tourna vers
le chanteur.
-Tu sais Éric, des fois, je m’ennuie du
temps où on travaillait au MC Do. Tu te
conduisais pas comme un cave, au moins.
Mais Éric ne l’écoutait même pas. Charles
partit, déçu et malheureux.
Extrait 4:
-Oui, et alors ?
Le sourire de la fille s’élargit.
-Alors, c’est pas une voiture commune, quand
même, et c’est la première fois que j’en
vois une de cette couleur, jaune serein.
Belle couleur en passant. Ça m’aurait étonné
de voir deux Audi TT, jaune serein, sur une
route pareillle et ce, dans la même journée.
Gagné la regarda un instant et sourit de
nouveau. Il se sentait à l’aise avec cette
fille. Il n’y avait pas seulement le fait
qu’elle était bâti comme un top model(son
jean serré collait parfaitement bien à ses
longues jambes fuselées.
-Moi c’est Milaine, dit-elle en tendant la
main.
-Salut, moi c’est Éric, répondit-il en
serrant la main tendue.
-Alors Éric, penses-tu que tu peux me sortir
de ce trou perdu et, au pire, me laisser sur
une route plus fréquentée.
-Sûrement. Mais faudrait que moi-même, je me
retrouve tu sais.
Encore ce rire cristallin qui emplit
l’habitacle de la voiture. Éric rit un peu,
lui aussi.
-T’en fais pas Éric, il y a un petit chalet
minable à quelques kilomètres. Il y a une
route qui conduit à l’autoroute 20, un peu
plus loin. Tu n’auras qu’à tourner là si tu
veux.
Gagné ne se souvenait pas d’avoir croisé une
autre route quand il avait tourné en rond
(Tiens, tu as tourné en rond, maintenant.
Ouais, peut-être, pourquoi pas !se dit-il)
mais il avait été tellement recroquevillé
dans ses pensées, ne conduisant que par
instinct, parfois, qu’il avait bien pu la
manquer.
Éric démarra et continua son chemin avec,
enfin, une personne agréable près de lui.
Extrait 5:
-Ta vie n’est qu’un ramassis de merdes
accumulées, dit-elle. Si tu ne veux pas
finir dans une chambre de motel, pendu à ta
ceinture, comme la petite salope que tu as
tuée, tu ferais bien mieux de me suivre.
-Sors de ma voiture, répéta-t-il froidement.
-Ou sinon...demanda Milaine avec un sourire
de clown. Son haleine était puante et
chaude, maintenant.
Éric sourit.
-Eh bien sinon je t’amène avec moi
rencontrer le propriétaire de ce charmant
petit chalet.
Le sourire caricatural de la fille disparut
aussitôt et une lumière de crainte passa
dans ses yeux. Le sourire d’Éric s’élargit
tandis qu’il reculait sa voiture pour se
mettre dans l’axe du chemin.
-Ne fais pas ça, espèce de couille molle. La
voix de Milaine avait pris des accents plus
graves et gutturaux.
Sans attendre, Éric passa la première et se
dirigea rapidement vers le chalet. La blonde
(dont les cheveux tombaient par plaques, à
présent) eut juste le temps d’ouvrir la
portière pour sauter vers l’extérieur. Éric
fonça jusqu’à la petite maison. Il jeta un
coup d’oeil dans son rétroviseur pour voir
si sa passagère avait souffert de sa fuite
précipitée.
Il ne vit qu’une queue reptilienne
disparaître dans les fourrés, de l’autre
côté de la route.
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