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Page d'accueil de l'auteur HENRI VARIO
 

LES ENFANTS DES TÉNÈBRES, roman fantastique.

                                         A tous les miens,
                                 pour que dans mes ténèbres, ils m'aperçoivent.


"Nicolas acquit la conviction que sa femme était devenue folle le jour où il découvrit le pyjama de leur fils découpé en fines bandes et reconstitué comme un puzzle. Le vêtement était déposé dans le petit lit qu'elle berçait en chantonnant. "

RÉSUMÉ:
Des milliers d'enfants mutants apparaissent et disparaissent. Personne ne les réclame. Leur hymne, "Merci mon Dieu, merci Marie, Joseph n'est pas ce que l'on dit", résonne comme une menace.
Flics, techniciens, avocats figurent parmi leurs géniteurs. Orphelins, ils cherchent dans l'enfantement un ailleurs fait de lumière.
Le sang coule à flots. Les corps sont démembrés, les têtes arrachées : le passage s’effectue dans une souffrance infinie. Ce rite sacrificiel semble être le prix à payer…
L'histoire se met en place comme un puzzle. Un thriller de 200 pages dont les personnages naviguent entre vie et néant. Ce récit fantastique aborde le questionnement identitaire face à une société en pleine mutation : est-il possible de se soustraire à la dure réalité? Que veulent donc ces bâtards: réinventer un monde de lumière ou mourir pour se réinventer soi-même ?

EXTRAIT 1:
Dans la nuit, Laurence se leva pour ouvrir les fenêtres de la chambre. Le grincement des volets réveilla Fabien:
- Ça va? lança-t-il, d'une voix ensommeillée.
- Oh oui, je veux regarder le ciel. "
- C'est quoi cette musique, Chérie? "
- Quelle musique? "
- Attends... Laisse moi écouter! "
- Quelle musique? insista Laurence.
Il ne répondit pas. Les paupières mi-closes, il semblait se concentrer.
Lorsqu'il parla, sa femme avait fermé la fenêtre. Elle l'observait.
- C'est l'Ave Maria, dit-il.
- Je dois te dire quelque chose... Quelque chose d'important! Cet après-midi, je... "
- C'est celle de Schubert , attends un peu, interrompit-il.
Laurence s'irrita.
- Je n'entends rien! ... Je dois te parler Fabien. "
Fabien Deguers se leva, vint vers sa femme pour la prendre par la taille. Dehors, déchirant les ténèbres, des hurlements retentirent.
Ils se précipitèrent pour ouvrir la fenêtre. Leurs mains s'emmêlèrent sur la poignée. Laurence, s'écartant brutalement, renversa le vase de roses. Les hurlements continuaient de monter. Fabien sentit la peur pénétrer son ventre. Il se pencha dehors, se demanda vaguement pourquoi sa femme s'était ... dérobée? Non, ce n'était pas le mot. La vérité est qu'elle protège l'enfant ... Cette pensée le rendit heureux.
- Tu piétines les roses, Fabien" s'exclama sa femme.
" Mais qui avait renversé le vase, qui? Et cette eau, répandue sur les fleurs rouges, et mes pieds nus sur les tiges épineuses! "
Alors que la lune et tous les astres lançaient leurs lueurs blafardes à l'assaut de l'obscurité, au milieu de la chaussée, là où l'ombre des réverbères s'étiolait, Fabien aperçut l'homme.
Ils étaient une douzaine à l'avoir cerné. Il était tombé sous leurs coups. Les enfants frappaient, leurs bras s'abattant rythmiquement sur le corps de leur victime. Et ce rythme était celui de l'Ave Maria qu'en choeur ils chantaient.
Dans l'appartement des Deguers, Laurence, étendue sur le sol, paraissait dormir. Le regard de son mari était fixé sur la mare de sang qui, déjà, imbibait les fibres du tapis. " Ça coule comme un torrent de pluie, la couleur n'est pas régulière, c'est rouge vif puis brun, c'est sale puis pur. Ce n'est pas seulement du sang, il y a autre chose, ce torrent-là charrie des immondices, des îlots infects. "
Fabien tomba à genoux. Enlaçant sa femme, son visage contre le sien, il récita: Viens mon enfant, viens... "
Son regard était fixé sur le ventre proéminent qui se soulevait et s'abaissait en des spasmes de plus rapides. Le sang s'était tari. Il coagulait sur le tapis, poissait les pétales de roses.
" Viens mon enfant, viens... "

Laurence s'éveilla à la douleur. L'enfant lui avait, de son petit poing, déchiré l'abdomen. Bientôt, dans un flot de viscères et d'excréments, il se dégagea la tête. Il souriait.

EXTRAIT 2:
Et il y avait la secte. Ses convictions religieuses lui avaient inculqué l'idée que ces pseudo-églises ne pouvaient être que l'émanation des puissances des ténèbres. Lorsque Anastasio avait, en feignant l'hésitation, émis le voeu de "se lancer dans l'exorcisme", Vergier fit semblant de croire que ce serait avec la collaboration de l'Église catholique. Ce n'est donc pas tout à fait une imposture, s'était-il dit.

L'Église, Vergier voulait lui rester fidèle, un peu comme le fut à l'islam son père adoptif, le marchand de cochons. Il avait hérité d'une porcherie que lui avait léguée un compagnon d'armes, officier français des Harkis. Genio ne connut jamais son véritable nom. Lorsqu'il fut recueilli par ce grand moustachu à la peau sombre, malgré ses cinq ans, il avait compris. Tout de suite, il l'appela Papa; et l'autre le serra contre lui en lui parlant de trésors et de lapins. Le vieux musulman priait tous les jours, égrenait son chapelet. Sauf les jours de marché où il entassait ses porcs dans le vieux TuB Citroën et quittait la piste de la ferme, klaxonnant joyeusement. A sa mort, Genio connaissait le Coran et l'élevage des cochons.
L'Administration le plaça alors dans une autre famille arabe qui le surnomma presque exclusivement le fils du cochon. Il finit par s'enfuir. Il n'avait pas cru nécessaire de défendre le marchand de cochons. Il aurait pu dire que c'était un bon musulman et un fidèle ami qui, s'il avait refusé le legs de la porcherie, n'aurait pas pu adopter les cinq enfants de son compagnon d'armes.
Il avait quinze ans... Il rejoignit les Pyrénées. Il y trouva une cause à défendre et Anastasio.

EXTRAIT 3:
« Les faits! Quels sont les faits?
Un prêtre que l'Évêché affirmait défroqué. Il avait désormais les yeux arrachés.
Un clochard assassiné à mon nez et à ma barbe. Là n'est d'ailleurs pas la question. L'objectivité commande de se contenter du simple fait de l'assassinat.
Une série de meurtres sauvages, d'une violence inouïe.
Les constatations du centre médico-légal selon lesquelles les meurtres ont en commun le fait d'avoir été perpétrés à mains nues.
Les enfants! Des enfants qui n'ont pas disparu, ou tout au moins qui ne sont pas recherchés... pas réclamés !
Il y avait "Bébé" et sa naissance. Et il y avait moi, pauvre Bastard de flic bedonnant, la quarantaine sonnée, nageant dans l'ambiguïté de ma vieillesse prématurée. »

EXTRAIT 4:
C'est l'enfant qui vint à sa rencontre. Un beau petit garçon, pensa-t-il, il a un beau sourire. Eugène s'arrêta, attendit.
- Où est Anastasio? " demanda le petit garçon en articulant chaque syllabe. Sa voix était caverneuse, froide. Il ne cessait de sourire. Alors Vergier le reconnut. Il n'en eut pas peur. Il pensa simplement: c'est lui et je ne sais pas quoi faire.
- Comment t'appelles-tu petit? "
- Bébé, c'est tout. "
- C'est tout? "
Vergier se pencha vers lui, eut envie de le prendre dans ses bras. L'enfant s'écarta doucement, juste ce qu'il fallait pour ne pas être touché.

"Tu auras un nom, Bébé et je ne te mentirai pas. Les ténèbres, nous en sommes tous. La lumière, tu sais, n'est pas toujours vraie. Vois comme elle brûle parfois les fleurs, comme le soleil blesse les yeux de l'aveugle. Ecoute comme le vent froid souffle et meurtrit tes petites mains. Le soleil Bébé, lorsqu'on cherche à le domestiquer, devient ténèbres. Il est aux autres."
Aucun mot ne fut prononcé, mais si Genio s'était retourné vers l'enfant sans nom, il aurait vu ses larmes, l'aurait aimé encore plus.


"Dis Bébé, connais-tu l'histoire du squelette qui dansait? C'était un beau squelette tu sais? Il dansait au clair de lune ... une toute petite fille l'observait de sa fenêtre. Sais-tu ce qu'a fait la petite fille, Bébé? Elle l'appela. Lorsqu'il vint, elle se blottit dans ses os et l'aima très fort."
"Vois-tu Bébé, les enfants ne peuvent pas venir si on ne les appelle pas. Les parents non plus ... mais les squelettes, lorsqu'ils appellent, ne reçoivent que l'écho de leur terreur. C'est seulement pour ceux d'entre nous qui entendent leurs appels qu'ils dansent."

PARU CHEZ MANUSCRIT.COM:
  

 
 
 

EXTRAITS
Le temps des bâtards
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Un bouquet pour Lisbeth
Le cochon
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Le jardinier ne viendra plus

 

 

 
 
 
 
 

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